Cf. plus haut, p
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leurs, comme on le fait autour de lui dans le langage courant, du passage de l'évêché dans Y indominicaium royal. En recevant l'évêché dans son dominicatum, le roi entre en possession et c'est là bien autre chose en fait que l'exercice d'un simple droit de patronage.
Les intérêts spirituels et temporels de l'église vacante sont confiés au roi. Il se préoccupe des besoins religieux du clergé et des fidèles. Pendant la vacance du siège de Reims, Loup de Châlons est venu, sur l'ordre du roi, bénir le saint chrême et célébrer les ordinations l. Le pouvoir séculier, écrit Hincmar à Léon IV, soutient les prétentions des chorévêques au droit de conférer les ordres et la confirmation, afin que, pendant la vacance du siège, les fonctions épiscopales soient remplies par eux, comme cela s'est produit par deux fois à Reims 2. Vraisemblablement, le roi qui fait venir parfois des évêques voisins, ordonne le plus souvent au chorévêque de l'église vacante d'exercer les fonctions liturgiques pontificales. Le prince fera remplir les offices inférieurs du ministère par les prévôts des monastères et les archiprêtres 3.
Pendant la vacance, l'administration du temporel relève du palais. Hincmar rappelle souvent les canons qui confient à l'économe les biens de l'église vacante 4, mais il ne semble pas que cette règle ait été observée en Gaule 5. Le personnel
i. Conc. Suession., 853, 6 : « Jussus est regiis litteris domni Caroli, ut in confectione chrismatis et in aliis necessitatibus... considère procuraret » (Mansi, XIV, 987). L'archidiacre lui a présenté « cum epistola regia » un prêtre à ordonner et l'abbé d'Hautvilliers à bénir. Tout se fait, on le voit, par ordre du roi.
2. : «Etquod terrena potestas hac materia saepe offenderet ut..., episcopo quolibet defuncto, per corepiscopum solis pontificibus debitum ministerium perageretur et res acfacuitates ecclesiae secularium usibus expenderentur, sicutet in nostra ecclesia jam secundo actum est » (Flodoard, Hist., III, 10, p. 483). Nous savons en effet que Gottschalk a été ordonné prêtre par le chorévêque Ricbold avant qu'Hincmar fût promu évêque (Hincmar, Ep. 2, Migne, CXXVI, 43), c'est-à-dire, très probablement pendant la vacance qui suivit la déposition d'Ebbon. Les ordinations auront été célébrées alors, tantôt par un évêque voisin, tantôt par un chorévêque. Dans la pensée d'Hincmar, le fait s'est produit aussi pendant la vacance du siège qui suivit la mort de Tilpin, au temps où l'évêché fut tenu en régale. M. Schrors (Hiukmar, 36, n. 42) montre que Foulques et Nothon, qui administrent l'évêché après la déposition d'Ebbon, ne sont pas des chorévêques.