‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 48 sur 1164 · Lettre à Eadburge, c. 742-6, 65, p · texte numérisé non relu

Lettre à Eadburge, c. 742-6, 65, p

7. Aux synodes qu'ils président, Pépin et Carioman déclarent établir les évêques. Ils attribuent eux-mêmes la charge avec le consentement des évêques, présents

h. — règlement de la question des biens d'église sécularisés.

Ce n'est pas non plus suivant les exigences de l'ancienne discipline que fut réglée la question des biens d'église sécularisés. Le plus zélé des deux princes se verra contraint de se ranger aux vues du plus tiède ou du plus politique. Le droit strict est sacrifié à des nécessités avec lesquelles Boniface reconnaîtra lui-même qu'il faut compter et dont il devra s'accommoder à l'invitation expresse du pape. Au premier concile de réforme, cédant vraisemblablement aux instances de Boniface qui réclame restitution intégrale 1, Carloman déclare qu'il rend aux églises tout ce qui leur a été enlevé. 2. Mais ce programme ne pouvait être exécuté à la lettre. La fidélité des serviteurs du prince, largement nantis de biens d'église, résisterait-elle à une semblable épreuve ? Comment en vue des expéditions qu'il ordonne, ses hommes pourront-ils s'équiper, si les biens qu'ils ont reçus, ou qu'on leur a laissé prendre à cet effet, leur sont brusquement retirés ? Au concile d'Estinnes, Carloman s'excuse de ne pouvoir tenir sa promesse. En raison des guerres imminentes, des agressions que préparent les nations qui environnent le peuple franc, le prince a décidé, après avoir pris conseil des serviteurs de Dieu et du peuple chrétien, en invoquant l'indulgence du Seigneur, de retenir pour un temps une part des biens d'église, afin de venir en aide à son armée 3

au synode. A Ver en 755, les évêques réunis en présence de Pépin reconnaissent que l'abbé doit être établi « per verbum et voluntatnn doinno rege vel consensu servorum Dei » (5, p. 34).

1. En 745, Zacharie félicite Boniface d'avoir du moins obtenu rétablissement d'un cens, « eo quod impetrare a Francis ad reddendum aecclesiis vel monasteriis non potuisti » (60, p. 324).

2. 1 : « Et fraudatas pecunias ecclesiarum ecclesiis restituimus et reddidimus » (p. 25). Suivant Ribbeck (p. 54-5), il ne s'agirait pas ici d'une intégrale et effective restitution ; le prince aurait pris seulement l'engagement de reconnaître le droit de propriété des églises. Au concile d'Estinnes, on aurait exécuté cette promesse en prescrivant la rédaction des lettres de précaire et l'acquittement d'un cens. Avec M. Hauck (1, 513, n. 5), nous croyons que Carloman promit d'abord une restitution totale et effective ; mais au synode de l'année suivante, on reconnut qu'elle n'était pas possible. Carloman décida qu'une part des biens seulement serait rendue et l'autre retenue à titre de précaire et moyennant un cens. On verra plus loin que la rédaction des précaires entraîne une restitution d'ordre juridique, qui est parfois expressément exprimée ; mais Carloman au premier synode promettait de remettre les églises en possession effective. Les excuses apportées à Estinnes, l'appel fait à l'indulgence de Dieu, marquent clairement que Carloman revient sur les promesses de la première heure.

3. 2 : « Statuimus quoque cum consilio servorum Dei et populi christiani, propter nminentia bella et persecutiones ceterarum gentium quae in circuitu nostro sunt,

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