‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 484 sur 1164 · RÉGALE ET SÉCULARISATION · texte numérisé non relu

RÉGALE ET SÉCULARISATION

Lui-même fait main basse sur les biens épiscopaux, consume toutes les ressources de l'évêché en banquets, dissipe le trésor de l'église, vend à deniers comptants les prébendes et tout ce qui se rapporte au ministère ecclésiastique 1. A cette date tardive, on saisit plus nettement, à le voir exercé par un seigneur qui se dit représentant du roi, ce qu'on entend par droit de régale. L'évêché vacant subit, de la part du roi ou des seigneurs, une mainmise complète. Les biens-fonds sont occupés, la cité envahie, les revenus et la réserve même de l'église dépensés aux usages des gens du roi ou du seigneur 2.

L'exercice que font les souverains du droit de régale à l'époque carolingienne est manifestement une survivance des pratiques sécularisatrices inaugurées au temps de Charles Martel. Ce maire du palais divisait les évêchés, les donnait ou les retirait à son gré. La vacance du siège était d'ordinaire l'occasion de la sécularisation partielle des biens précédant le don fait par le prince, à un clerc ou à un laïque, de ce qui restait de l'évêché. Quand une réforme incomplète eut été accomplie par les soins de saint Boniface, les Carolingiens se réservèrent le droit de donner l'évêché. Il revenait naturellement en leurs mains quand disparaissait le personnage qui l'avait reçu par leur bienfait. Le retour de l'évêché aux mains du roi était presque toujours encore, au IXe siècle, l'occasion d'une petite sécularisation nouvelle, dont la forme ordinaire était la concession de bénéfices royaux aux dépens du temporel épiscopal.

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