‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 491 sur 1164 · ÉVÊCHÉ CONFIÉ A L'ÉVÊQUE NOMMÉ · texte numérisé non relu

ÉVÊCHÉ CONFIÉ A L'ÉVÊQUE NOMMÉ

Hilduin, qui ont détenu l'évêché de Cologne de 841 à 850, étaient certainement des évêques désignés par Lothaire pour revêtir la charge épiscopale. Vraisemblablement, Lothaire a retiré l'évêché à Liutbert, qui n'avait pu encore se faire sacrer, pour le punir d'avoir désespéré de sa cause et embrassé celle de Louis le Germanique, en mars 842, quelques mois à peine après son élection 1. Hilduin obtint de lui l'évêché ; mais les suffragants dévoués à leur souverain, Louis le Germanique, qui n'acceptait pas la déchéance de Liutbert, refusèrent sans doute de sacrer l'archevêque désigné par Lothaire pour le remplacer 2. Hincmar blâme Vulfad qui, au temps où le siège de Langres était vacant, avait usurpé l'église sous le nom d'évêque nommé, dans l'espoir d'y être sacré et qui a employé les biens de l'évêché à son usage et à celui des siens 3. C'est évidemment la faveur du roi qui l'a mis, à titre d'évêque nommé, en possession du temporel épiscopal. Charles le Chauve n'en agit pas autrement quand il confie au même personnage, élu unanimement, dit-il, comme évêque de Bourges *, l'administration de cet évêché, en attendant que la

(Ep. 5, Migne, CXXIV, 874). Peut-être, en effet, l'empereur n'était-il pas sûr de son droit, peut-être aussi voulait-il laisser la porte ouverte à une réconciliation. Agobard a fini par abandonner Lothaire pour se rallier à la cause de son père. Louis a probablement désigné les futurs archevêques de Lyon et de Reims, mais a préféré ne pas les faire sacrer. Il se peut aussi que l'empereur ait désigné un successeur à Ebbon dont il a obtenu le désistement et qu'il est décidé à ne jamais rétablir, qu'à Lyon il ait placé un simple administrateur sans lui promettre l'évêché, attendu qu'Agobard moins coupable pouvait être admis à faire amende honorable.

1. C'est la conjecture vraisemblable proposée par M. Parisot, p. 744. Cf. plus haut, p. 116, n. 5. Lothaire quitta le pays vers le milieu de mars 842; Louis le Germanique reçoit des serments à Cologne le 2 avril. Liutbert qui n'avait pu encore recevoir la consécration a évidemment passé alors du côté de Louis. Lothaire, revenu en août en Austrasie, l'a remplacé par Hilduin.

2. Cf. plus haut, p. 116, n. 5 et Parisot, p. 745. En 850, Hilduin se serait démis en faveur de Gunther son parent. Louis le Germanique, qui, en 849, a donné le siège de Munster à Liutbert, aurait accepté cette transaction et les quatre évêques de son royaume, suffragants de Cologne, auraient reçu permission de prendre part au sacre. M. F. Lot {De quelques personnages du IXe siècle qui ont porté le nom de Hilduin, dans Le Moyen âge, 1903 p. 269-74) montre que cet Hilduin est vraisemblablement l'ancien abbé de Saint-Denis, qui, disgracié par Charles le Chauve pour avoir adhéré au parti de Lothaire, a obtenu de c lui-ci l'évêché de Cologne, la charge d'archichapelain. Lothaire l'appelle venerabilis abbas dans des diplômes de 852 (B M 1156-7), alors que Hilduin, ayant renoncé à l'évêché de Cologne, reprend son titre d'abbé. Hilduin, l'ancien abbé de Saint-Denis est probablement l'oncle de Gunther et de Hilduin le jeune (F.Lot, op. cit., 270) ; ce dernier est frère ou cousin, et non neveu, de Gunther (p. 252).

3. Ep. 6 : « Lingonensem ecclesiam pastore viduatam, ut ibi ordinaretur episcopus sub nomine vocati episcopi usurpare praesumpsit, ejusque facilitâtes quae secundum Chalcedonense concilium pênes oeconomum futuro debuerant reservari episcopo, suis suorumque usibus arrogavit » (Migne, CXXVI, 60).

4. Ep. 3 : « Omnes episcopi et fidèles regni nostri, ipsaque etiam diocesis unanimiter in electione praedicti Vulfadi consenserunt a (Migne, CXXIV, 868). Cf. plus haut, p. 27.

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