‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 493 sur 1164 · DON DE L'ÉVÊCHÉ ET ÉLECTION · texte numérisé non relu

DON DE L'ÉVÊCHÉ ET ÉLECTION

avait délivré les régales qu'à la suite d'une élection qu'Hincmar ne tient pas pour valable 1.

Le roi ne se met pas touj ours en peine de faire procéder à une élection avant de nantir de l'évêché son candidat. Pour l'imposer au peuple et au clergé, il lui remet parfois l'évêché avant toutes opérations électorales, avant même que le? intéressés aient acquiescé au choix, fait par le monarque, de leur pasteur. Louis le Germanique avait attribué l'évêché de Bayeux à Tortoldus, qui n'a pu se faire agréer ni de son église, ni de l'épiscopat 2. Actard de Nantes, déclare Hincmar, a usurpé les biens de l'église de Thérouanne, où la seule volonté du roi l'a transféré, après la mort de l'évêque de cette église 3. Hilduin, aux yeux de Nicolas Ier et d'Hincmar, est un déprédateur du temporel de l'église de Cambrai, parce que ce personnage est monté sur ce siège par la seule volonté de Lothaire II, sans que le collège électoral, les évêques, le métropolitain l'aient reconnu 4.

Au sentiment d'Hincmar, l'évêché ne peut être délivré par le roi à l'évêque nommé et non sacré que si l'élection est parfaitement régulière et agréée par les évêques qui en sont les juges. A Beauvais, où les électeurs se sont rendus incapables d'exercer leur droit, le personnage qu'ils ont nommé et à qui Louis III a donné l'évêché, n'a pas qualité pour l'administrer. Le bénéficiaire d'une élection, régulière pourra l'obtenir du roi avant d'être sacré, mais à la condition que les évêques présentent l'élu au monarque. Vulfad abuse des biens de l'église de Langres, parce qu'il en jouit au seul titre d'évêque nommé.

Le clergé n'admet pas que les biens de l'église vacante puissent être mis aux mains du clerc que le roi désigne de sa seule autorité. Un évêque simplement nommé par le roi et qui n'est reconnu ni par le peuple, ni par le clergé, ni par les évêques de la province est un intrus qui envahit ou plutôt reçoit indûment du roi le temporel épiscopal 5. Aux usurpa-

i. Une lettre d'Hincmar à Eudes de Beauvais traitait du cas de Willibert, « cuj rex episcopium Catalaunense dederat » ; Hincmar instruisait son suffragant des vices de forme qui entachent cette élection ; Eudes devra faire procéder à une élection régulière (Flodoard, Hist., III, 23, p. 530).

2. Syn. apud Saponarias, 4, Cap., II, 477-8 ; Lib. proclam., 13, p. 452-3.

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