ABBAYE RETIRÉE A UN RÉGULIER
envers son seigneur et encourt sa disgrâce. A l'avènement de Louis le Pieux, l'abbé de Corbie, Adalhard, a été exilé et privé de son abbaye, qui ne lui a été rendue que sept ans plus tard *. Wala qui l'obtint après lui la perdit en 830 et ne la recouvra jamais 2. Les monastères subissent en la personne de leur abbé régulier le contrecoup des erreurs et des compétitions qui agitent les royaumes. Après la mort de Louis le Pieux, Bernwicus, abbé de Saint-Gall, s'était prononcé pour Lothaire. Louis le Germanique, devenu maître de l'Alémame, établit comme abbé le moine Engilbert 3. Eudes, abbé de Ferrières, avait cru aussi que Lothaire l'emporterait. C'est sans doute ce mauvais calcul qui lui coûta son abbaye. Charles le Chauve l'attribua à un autre religieux du monastère, Servat Loup, qui dut procéder d'abord à l'expulsion de son prédécesseur 4. Les vicissitudes subies par l'abbaye de Saint-Calais sont commandées par le souci que prend le souverain de châtier ceux dont la fidélité chancelle et de récompenser de meilleurs serviteurs. Louis le Pieux a retiré l'abbaye à Sigismond, l'élu des moines, parce qu'il s'était montré désobéissant et infidèle5 vis-à-vis sans doute du prince Charles, à qui, en 838, l'empereur avait attribué
1. Vita Adalh., 30, 49, i>.S, II, 527, 529 ; Vita Hludow., 34, p. 626 ; Ann. Einh., 821, I, 208. Un autre Adalhard gouverna le monastère pendant l'exil d' Adalhard le vieux (cf. L. Levillain, Examen des chartes de Corbie, 99). Peut-être avait-il été élu.