‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 53 sur 1164 · RÉDACTION DE LETTRES DE PRÉCAIRE · texte numérisé non relu

RÉDACTION DE LETTRES DE PRÉCAIRE

IXe siècle plusieurs actes de cette nature passés au temps de Pépin 1. Quand il appliquera aux pays aquitains assujettis par lui les règles usitées déjà dans le reste de ses États, tous les laïques et séculiers qui tiennent des biens d'église seront contraints de souscrire des précaires 2.

A Estinnes, Carloman présentait comme provisoires les dispositions qui laissent aux mains des serviteurs des princes une part des biens d'église, à titre de précaire et moyennant im cens. Le concile général assemblé en 745 en présence de Pépin et de Carloman ne tenait pas davantage pour définitif ce règlement. Boniface expliquait au pape que, pour le présent, les attaques des païens empêchent les Francs de se montrer plus généreux ou plus équitables. Lorsque le Seigneur aura rétabli la paix, une restitution plus large fera meilleure part au luminaire des saints 3. On en peut conclure que Pépin, qui ne s'engageait précédemment qu'à consoler les moines, a laissé espérer sinon une restitution complète, du moins de nouveaux dédommagements. Suivant l'annaliste de Saint- Bertin, ce prince aurait promis, en rendant à certains évêchés une part de leurs biens, de tout restituer par la suite 4.

Ainsi Pépin, plus circonspect que son frère, se garde de prendre des engagements trop précis, ou même d'avancer le mot de restitution ; mais il adopte les grandes lignes du règlement formulé à Estinnes par Carloman. A défaut d'une restitution intégrale prononcée d'abord par celui-ci, mais qu'il déclare ensuite être obligé de différer et que Pépin n'a sans doute jamais promise, les églises de tous les pays francs doivent rentrer en possession d'une part des biens sécularisés ; leur droit de propriété sera reconnu sur le reste par la rédaction des précaires et l'acquittement d'un cens.

Cette transaction, dont les dépens sont supportés surtout par les églises, n'agrée qu'imparfaitement au clergé réformiste. Le pape Zacharie regrette comme Boniface que son envoyé n'ait pu obtenir restitution intégrale. En 751 encore, Boniface hésite à recevoir le cens 5 ; car c'est accepter que des biens ecclésiastiques demeurent aux mains de bénéficiers laïques qui les tiennent du prince

1. Précaire de Vulsindus, nov. 751-2, Gesta Aldrici, 178 ; d'Adalbert et Haganon, Actus pont. Cenotn., 16, p. 255.

2. Cap. Aquitan., 768, n : « Ut omnes laici et seculares qui res ecclesiae tenent, precarias inde accipiant » (p. 43).

3. : « Et dura Dominus donaverit quietem, augentur et luminaria sanctorum (60, p.^324).

4. 749 : « promittens in postmodum omnia restituere » (éd. in usum schol., 1).

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