‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 572 sur 1164 · ABBAYES DES REINES · texte numérisé non relu

ABBAYES DES REINES

porte Baseille 1. De même, Charles le Chauve 2, Lothaire I 3, Louis II 4, Louis le Germanique 5, Charles le Gros 6, attribuent des abbayes à leurs épouses et à leurs filles. Telle sera également la coutume des familles qui usurperont la couronne 7. Une riche abbaye de femmes semble particulièrement menacée d'être convertie aux usages de quelque reine ; en 884, Carloman décide que l'abbaye Sainte-Croix de Poitiers ne pourra être donnée en bénéfice par ses successeurs ni à leur épouse,

1. Vitas. Rigoberti, 14, A. S., janv. I, 176 ; Flodoard, Hist., II, 12, SS, XIII, 460 ; IV, 46, p. 595. Ce monastère royal a été donné en tonte propriété à Alpaïde, car plus tard il vint en la possession de l'église de Reims par précaire d'Alpaïde et de ses deux fils.

2. Edict. Pistense, 25 juin 864, 5 : « villae de monasteriis quae et conjugi nostrae et filiis ac filiabus nostris concessa atque donata habemus » (Cap., II, 313). Il s'agit sans doute à la fois des monastères donnés en toute propriété ou concédés en simple bénéfice. La reine Irmentrude fait, le 16 déc. 844, un échange « de rébus abbatiae sui monasterii Calae » (H F, VIII, 538). Outre Vabbatia du monastère de Chelles, elle a tenu celle de Notre-Dame de Laon, car un diplôme de Charles le Chauve du 15 mai 866 signale un échange fait d'une terre de cette abbaye avec une terre du fisc royal par la reine Irmentrude (Pélicier, Cart.chap. Châlons, 35). La reine Richilde a tenu sans doute aussi des monastères ; le roi lui a fait des dons soit en toute propriété, soit « jure beneficiario » (Cap.Carisiac, 5, Cap., II, 357) ; les églises de l'impératrice (De tributo Nortm., p. 354) sont sans doute les chapelles des terres dont elle a la jouissance ; mais ces terres sont vraisemblablement en partie les '< villae de monasteriis» signalées par l'édit de Pistes. La fille de Charles le Chauve, Irmentrude, est abbesse d'Hasnon (Dipl. du 9 juin 877, H F, VIII, 662) ; Rohaut devint sans doute abbesse de Chelles après la mort d'Irmentrude ; elle jouit de cette abbaye jusqu'en 922 (Flodoard, Ann., 922, p. 8) et peut-être aussi de Notre-Dame de Soissons (dom Germain, Hist. N. Dame Soissons, 136). La nièce de Charles le Chauve, Bertrade, est abbesse de Faremoutiers (Obit. de Charles le Chauve, Append. 1 de l'édit. Lauer des Annales de Flodoard, 167).

3. Le 16 mars 848, Lothaire I attribue àson épouse, Ermenjart, et à sa fille, Gisèle, le monastère du Saint-Sauveur à Brescia (B M n 33) ; le 8 sept 851, après la mort d'Ermenjart, il confirme à Gisèle, sa vie durant, ce même monastère et plusieurs autres (B M 1147). Une autre fille de l'empereur, Berthe, est abbesse d'Avenay (Flodoard, Hist., III, 27, SS, XIII, 547).

4. Le 28 avril 868, Louis II confère Saint-Sauveur de Brescia à sa femme Engelberge et à sa fille aînée Ermenjart (B M 1240), qui reçoit aussi, le 3 juin 870, Saint- Pierre de Plaisance (1245).

5. Louis le Germanique attribue. Obermiinster à sa femme Emma (Dipl. refait du I4fév. 833, B M 1343) et le 21 juill. 853 Saint-Félix de Zurich à sa filleHildegarde (1407).

6. Charles le Gros a donné en usufruit à sa femme Richarde les monastères de Seckingen et de Saint-Félix de Zurich (10 février 878, Grandidier, Hist. de Strasbourg, II, Pr. 144, p. CCLXVI), celui de Saint-Marin à Pavie, qu'il tiendra, s'il lui survit, en ses mains propres (14 oct. 881, p. CCCXXXI), l'abbaye de Zurzach même date, Neugart, C. Alem., I, 427). Richarde fait cession aux moines d'Etival de leur monastère, que son époux lui avait donné, sans doute en toute propriété (Charte de Richarde, 1 mai 880, dom Calmet, Hist. de Lorraine, I, Pr., col. 316).

7. Rodolfe I confère, le 10 juin 888, à sa sœur Adélaïde Vabbatia de Romainmotier, sa vie durant, avec faculté de la léguer à l'un de ses héritiers (Chartes de Cluny, 33, I, 40). Rodolfe III a donné à sa femme, Ermenjart, sans doute en toute propriété, Vabbatia de Saint-Pierre de Montjoux (24 avril ion, B. N., Coll. Morcau, XVIII, f° 187 ; 1026, Musée des arch. départ., 50; cf. Poupardin, Leroy, de Bourgogne, 330, n. 4).

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