‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 58 sur 1164 · I. — La restitution d'une portion congrue · texte numérisé non relu

I. — La restitution d'une portion congrue

Suivant le programme tracé dans les synodes de réforme, une part des biens ravis aux églises devait être quelque temps encore retenue. Les vassaux des princes qui occupent ces biens paieront un cens et souscriront des précaires afin de reconnaître les droits du propriétaire. Mais le clergé et les moines rentreront immédiatement en jouissance de la part indispensable à leur entretien et si l'avoir médiocre d'un établissement ne peut supporter aucune soustraction, la restitution, a déclaré Carloman, sera nécessairement plénière. Pour les autres, l'heure de l'entière justice est seulement retardée. Les biens restés aux mains des fidèles de Carloman seront rendus sitôt après leur mort, sauf au cas où les besoins du royaume exigeraient qu'un autre vassal du prince les reçût encore une fois en précaire Pépin qui n'a peut-être jamais songé à tout rendre, paraît avoir fait espérer au clergé et aux moines « consolés » qu'ils obtiendraient plus tard davantage. La restitution doit donc s'opérer en deux étapes. D'abord on rendra sans tarder et simultanément les biens dont les églises ne peuvent se passer. La rédaction des précaires leur fournira des titres pour les restitutions différées. Une liquidation qui se poursuivra lentement les remettra par la suite, au gré des princes, en possession du reste ou du moins d'une plus large part de leur avoir.

Il n'est pas douteux que la promesse faite par Carloman et Pépin de restituer aux églises la quantité de biens indispensables à leurs besoins, n'ait reçu dès le temps de saint Boniface un commencement d'exécution. Une note d'un annaliste, à la date de 749, rapporte que Pépin a rendu à certains évêchés le tiers ou la moitié de leurs biens en pro-

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