‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 583 sur 1164 · ABBATIA DES CAROLINGIENS · texte numérisé non relu

ABBATIA DES CAROLINGIENS

ayant trouvé la mort au siège d'un château en Aquitaine, le roi Eudes ramena à son service le monastère 1 que Charles le Chauve avait retenu précédemment. La même année, Arnoul enlève à l'évêque de Metz des biens et des abbayes que tenait ce prélat ; le roi les a, dit-il, concédés à son fisc 2 : vraisemblablement il les retint à son usage. En 897, Zwentibold confisque les biens donnés par son père à divers seigneurs lorrains ; il les divise entre ses fidèles, mais se réserve les monastères d'Oeren à Trêves et de Saint-Pierre à Metz 3.

Lorsque les Carolingiens retenaient ainsi des abbayes dans leur dominicatum, ils exerçaient peut-être simplement sur elles le même droit dont ils j ouissaient sur les évêchés. Laissant l'abbaye vacante, ils recueillaient à titre de souverain l'abbaye tombée comme l'évêché en régale. Mais on a vu Louis le Pieux à Inden, Charles le Chauve à Saint-Denis, prendre la qualité d'abbé et en exercer les fonctions. De même, le roi de Provence, Louis l'Aveugle, dans les dernières années de sa vie qu'il passe confiné dans son palais de Vienne, est dit recteur du monastère de Saint- André-le-Bas 4, qui, par deux fois, au cours du IXe siècle, avait été restitué à l'église de Vienne 5 et dont Y abbatia, ressaisie par le roi de Provence, est demeurée en ses mains. Il en administre les intérêts temporels, comme le ferait un simple abbé laïque. Les habitants du monastère sont les religieux de l'empereur abbé 6. \! abbatia de Saint- André passa dans les mêmes conditions aux mains des rois de Bourgogne. Vers 964, Conrad cède à l'un de ses fidèles en usufruit des biens qui appartenaient à son abbaye de Saint- André 7. Vers 975, il concède en précaire à Artaud un praedium du bienheureux André apôtre 8. Les rois de Bourgogne gardent semblablement en leurs mains l'abbaye de Saint-Maurice

1. Réginon, 899 : « monasterium Saneti Dionysii Odo ad suum servitium revo cat » [SS, I, 605).

2. Dipl. d'Arnoul, 2 février 893 : « plura bona et abbatias quas tenere videbatur, ei subtraximus et fisco nostro concessimus » (H F, IX, 367). Il s'agit des abbayes épiscopales de Saint-Epvre et Saint-Germain que le roi rend par ce diplôme.

3. Réginon, 893 : « terram quam praefati tenuerant inter suos dividit, monasterium ad Horrea et monasterium Saneti Pétri, quod Mettis situm est, sibi réservons » (SS, I, 607). Cf. Eekel, Charles le Simple, 44 ; Parisot, Le roy. de Lorraine, 536-7.

4. Charte du comte Hugues, 25 décembre 920 : « suo rectori domno Ludovico imperatore » (Chevalier, Cart. Saint- Andrè-le-Bas, 124, p. 87).

5. Dipl. de restitution délivrés par Louis le Pieux le 3 mars 831, H F, VI, 570, par le roi Boson le 18 janvier 881, Baluzc, Cap., II, 1507.

6. Un acte d'échange est passé entre la communauté et Gilbert, « jubente domno Ludovico imperatore » ; le rédacteur ajoute : « domnus imperator et clerici sui de eo auctoritatem recipiunt » (Cart. Saint-André, 133, p. 97).

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