‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 587 sur 1164 · CHAPITRE IX Le roi autour des sécularisations · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX Le roi autour des sécularisations

I — L'iNCAMÉRATION

L'honneur ecclésiastique appartient au souverain. Il donne, reprend, saisit, retient l'évêché, l'abbaye, le gouvernement de l'église, avec toute la masse de biens constituée autour d'elle, la dotation de la charge épiscopale et abbatiale. Le droit qui s'exerce sur la masse entière des biens d'une église ne s'étend-il pas semblablement sur chaque unité foncière ? Si le roi dispose de la somme totale qui constitue une propriété royale et dont il fait un beneficium régis, ne se croirat-il pas autorisé à la fractionner, à en distraire diverses parties, pour les faire servir, comme le reste de Yabbatia et de l'episcopatus, mais suivant une autre méthode, aux besoins de ses fidèles et de son royaume ? 1 La mainmise du souverain sur les évêchés et abbayes entraînait la pratique des sécularisations, qui, commencées au temps de Charles Martel, arrêtées puis reprises par ses successeurs, se sont perpétuées pendant toute l'époque carolingienne.

i. Les biens d'église que détiennent en bénéfice les fidèles du prince sont dits avoir été tirés deVcpiscopatus ou del'abbatia des églises ou monastères. Charlemagne a décidé « ut quicumque fidelium suorum de episcopatu ecclesiae illius aut monasterii illius bénéficia habebant, nonas et décimas... dare non negligant » (Funn. Imper., 21, 301). Il faut probablement sous entendre « aut de abbatia monasterii illius ».

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