Op. cit., 26, p
6. Dipl. de Charles le Chauve du 7 mai 877, Ouantin, Cail. de l'Yonne, 52, I,
7. Dipl. de Louis le Pieux, 2 juin 818, Wartmann, I, 233, p. 225.
188 CONFISCATIONS POUR INFIDELITE
analogue que la villa de Molay, propriété de Saint-Germain d'Auxerre, fut rattachée au fisc par ban de l'empereur Charles le Chauve 1 et donnée par lui au comte Boson. Une erreur d'autre sorte entraîne aussi parfois l'incorporation au domaine fiscal d'un bien d'église. Benoit d'Aniane avait reçu du comte Arnoul une villa acquise par ce dernier en toute propriété. A la mort du comte, les missi de Louis le Pieux ont ramené au domaine impérial cette villa 2. Ils ont cru sans doute que le bien faisait partie du bénéfice comtal et qu' Arnoul n'était pas en droit de l'aliéner.
Vis-à-vis d'un prélat infidèle, la vindicte royale s'exerce parfois par le retrait de l'évêché ou de l'abbaye et l'expulsion du titulaire ou par une mise sous séquestre des biens de l'église, parfois enfin par des confiscations partielles, dont l'église souffre, comme le prélat. Lothaire I priva l'église de Lyon de divers biens, non seulement parce qu'il se voyait contraint de se créer des ressources, mais en raison des difficultés qui s'étaient élevées entre lui et l'évêque3. Le même roi disgracia l'évêque de Verdun, Hildinus ; son successeur, Hatton, trouva la tunique de Notre-Dame déchirée par suite du courroux impérial ; les biens de l'église avaient été effroyablement soustraits et aliénés 4. Le roi Arnoul rapporte qu'en raison de l'infidélité d'un évêque de Toul, il lui a retiré des biens et des abbayes appartenant à l'évêché et les a, dit-il, concédés à son fisc 5. Dans ces divers cas, la confiscation était dirigée contre un particulier et n'atteignait qu'indirectement l'église, victime d'une erreur commise à propos d'un tiers.
Ce sont là peut-être des exemples de la violente ablatio des biens d'église par le pouvoir royal dénoncée à Yûtz par l'épiscopat. Il semble toutefois que cette protestation ait surtout pour objet les confiscations sciemment opérées aux dépens des églises par les souverains. Maintes fois, les docu-
i. Par diplôme du 29 janv. 937, Louis d'Outre-Mer confirme aux moines-la possession de cette villa. Le comte Conrad, qui la leur a remise en vertu d'un échange, ne pouvait en effet leur fournir titre valable, « quia fuit in fisco per bannum domni Karoliimperatoris » (Cart. de l'Yonne, II, 7, p. 9).
2. Dipl. de Louis le Pieux du 14 août S22 : « quo mortuo, missi nostri partibus nostris praedictas res revocaverunt » H L, II, Pr. 62, col. 144).
3. Dipl. 852 : « pro causis non modo necessitatis, verum etiam dissidiorum quae inter nos et antistitem ipsius sedis orta essent » (// F, VIII, 390).
4. Gesta episc. Virdun., 18 : « pro praedicto imperatoris odio invenit tunicam sanctae Mariae per multa scissam et disruptam, i.l est res istius aecclesiae nimium subtractas et alienatas » (SS, IV, 44-5).
5. Dipl. d' Arnoul, 2 févr. 893 : « plura bona et abbatias quas tenere videbaturei subtraximus et fisco nostro concessimus » (H F, IX, 367). Le roi restitue par ce diplô ne à l'église Saint-Étienne les abbayes de Saint-Epvre et de Saint-Germain qui sont des monastères épiscopaux de l'évêché de Toul.