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PRIVILÈGES INTERDISANT TOUTE DIVISIO

de la divisio opérée par Pépin. C'est ainsi qu'aux termes d'un diplôme attribué par un faussaire à Lothaire I, le temporel de l'église de Lyon a été de toutes manières divisé et aliéné 1.

Les églises cherchent à se mettre à couvert contre de telles usurpations par des privilèges. Au temps de Louis le Pieux, les moines de Sithiu ont obtenu délivrance d'un diplôme qui interdit de partager désormais leur temporel2. Le 25 juin 850, Charles le Chauve reconnaît qu'une large part des biens de l'église de Châlons a été soustraite et donnée en bénéfice. Comme les méchants qui sont parvenus déjà à s'attribuer ces biens ne cessent pas de l'importuner de leurs sollicitations, pour y couper court, le roi décide que personne à l'avenir ne pourra rien dérober à l'évêché ; il demeurera tel qu'il était quand Loup le reçut des mains de Louis le Pieux, ou du moins tel qu'il est à présent 3. Visiblement, le roi s'interdit à luimême de céder désormais aux instances de ces malintentionnés. Les églises cherchent aussi à se mettre à l'abri en invoquant, à partir du milieu du IXe siècle, un privilège pontifical. Vers 852, un faussaire rémois, Hincmar ou l'un de ses clercs, rédige le faux privilège d'Hadrien I qui, sur rapport fait par l'archevêque Tilpin des maux subis sous Charlemagne et avant lui par l'église de Reims, interdit de soumettre désormais l'évêché à aucune divisio. Benoit III et Nicolas I, à la prière d'Hincmar, s'accordent avec le pseudo-Hadrien pour protéger l'église de Reims contre toute violence 4.

A défaut d'un privilège, toutes les églises peuvent invoquer l'autorité des Capitulaires. Une erreur du compilateur Anségise a fait croire que l'ordonnance de Louis le Pieux qui interdit toute divisio avait été promulguée par Charlemagne 5. Mise sous le couvert d'une telle autorité, la prohibition n'en avait, semblait-il, que plus de poids. Hincmar la renforce encore en associant l'autorité des pontifes romains à celle du grand empereur. Cette défense, il l'aurait portée d'accord avec les

1. 25 juin 852 : « res divisae et distractae multis generibus minuerentur » (H F, •VIII, 388). Le diplôme est faux, mais a sans doute été fabriqué à l'époque carolingienne.

2. 19 mars 830, Folquin, Chartul. Sith., I, 60, éd. Guérard, Cart. S. Berlin, 78.

3. : « quorumdam secularium... factione et cupiditate ex magna parte res... sanctiStephani... avulse et abstrate atqueinbeneficium date fuerunt... Sed quia... non desunt qui... principales aures inquietare adtentant..., decernimus ut nulla deinceps persona..., salvo legali jure, de rébus ipsius episcopii... quiddam aut convellat aut abstrahat. sed vel sicut tune constiterunt quando... Hludowieus... Lupo illud episcopium... commisit, vel adhuc manent..., ita perpetuo permaneant inconvulsae » (Pélicier, Cart. chap. Châlons, 10).

4. Cf. notre article, La lettre interpolée d'Hadrien I à Tilpin, dans Le Moyen âçe, Ï9I3, P- 346, 392-4-

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