‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 620 sur 1164 · AUTEURS DE LA DIVISIO · texte numérisé non relu

AUTEURS DE LA DIVISIO

papes. Publiée une première fois au temps où Charles n'était pas empereur, l'ordonnance aurait été envoyée par lui à Léon III. Sur son avis, aurait été promulgué un nouvel édit interdisant de diviser les biens d'église, et que confirmèrent l'autorité du Saint Siège et celle de l'empereur 1.

La divisio n'a pas été d'ailleurs exclusivement le fait des rois. Il arrive même qu'elle soit pratiquée par l'évêque ou l'abbé 2 ; le roi lui-même ne divisait d'ordinaire les abbayes, les évêchés, que quand il les retenait dans son indominicatum et y exerçait par conséquent les droits du prélat. Maintes fois, les évêques dépecèrent, surtout au Xe siècle, au profit de leurs milites, les abbayes de leur évêché 3. C'est souvent pour la diviser qu'un grand personnage laïque ou ecclésiastique convoite ou usurpe une abbaye *. Quel que soit celui qui l'opère 5, la divisio est la forme la plus grave de cette violente ablation des biens d'église, contre laquelle cherchaient à se prémunir le clergé et les moines et dont les menaçait sans cesse l'arbitraire des souverains.

i. Quae exsequi debeat episcopus, Migne, CXXV, 1090 ; cf. art. cité, p. 393.

2. En mai 808, Louis le Pieux prenait sous sa défense Xoaillé, alla de Saint- Hilaire, « propter diversos abbates quos saepe nobis antecessoribus successoribusque nostris mittere contingit, propter rempublicam perpetrandam ». Il redoute en effet que ces abbés, créés pour des motifs qui n'ont rien de religieux, n'entrent dans la maison régulière de Xoaillé et n'y fassent « divisionem atque dissidiam » :Redet, Chartes de Xoaillé, dans la Bibl. Ec. chartes, II, 79-80). Peut-être s'agit-il ici de la divisio et discissio, au sens où la fit l'abbé de Saint-Bertin, Fridégisus, qui divisa les biens entre la communauté régulière de Sithiu et les chanoines qu'il favori -ait indûment (Folquin, Chart. Sith., II, 3, éd. Guérard, 84 ; cf. I, 56, p. 74-5). Mais la charte de. Louis le Pieux fait plus probablement allusion à une divisio des 1 iens entre les hommes de l'abbé de Saint-Hilaire.

3. Suivant une pièce d'ailleurs interpolée , cf. Neues Archiv., XXVII, 226), les prédécesseurs d' Al dric de Sens avaient fait divisio, au début du IXe siècle, des biens du monastère épiscopal de Saint-Remy Charte d'AIdric, Quantin, Cent, de l'Yonne, 2i,I, 40). L'historiographe de Saint-Mesmin attribue à l'évêque d'Orléans, Ermenthée, une ruineuse divisio des biens du monastère entre les milites épiscopaux Mirac. s. Maximini, 23, Mal>illon,,4.S.,I, 58s).Ratbod,évêque de Trêves, aurait aussi divise entre les siens les villae du monastère de Mettlach (Mirac. s. Litwini, 6, 7, 5S, XV, 1263). Suivant le récit du Vêtus A^anon, Févêque de Chartres, Élie, ayant acheté au roi l'abbaye de Saint-Père, en divisa le temporel entre les siens, qu'il pourvut ainsi de bénéfices (Cart. de Saint-Père, g).

4. Jean VIII se plaint, en 879, que Gilbert, é venue de Nîmes, ait envahi le monastère de Saint-Gilles appartenant à l'église romaine, en ait chassé les moines, « cunctasque res monasterii istribuerit » Œp. 233, Migne. CXXVI, 845). Hubert est accusé, en 8 s 7, d'avoir ne des biens de l'abbaye de Saint- Maurice qu'il a usurpée (Lettre de Hennit III, P.p., Y, 613). Sain t-Maximin de Trêves a sans doute subi une divisio semblable, car le 1 oct 885, il est « per diversas distributum personas » 'Dipl. de Charles le Gros, Marténe, Ampl coll., I, 217).

5. Les textes nu précisent pas toujours qui est l'auteur delà divisio. L'expression peut se rapporter à toute- les violences faiti

del.orsch, déclare Otton I, a été longtemps avant lui et jusqu'à son temps dilapidée et divisée (dispersant atque divisain, 29 fév. 956, DDregum Gertn., 174, 1, 256),

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