Pression exercée sur les rois
Les souverains s'excusent parfois d'avoir cédé en bénéfice les biens d'une église, en invoquant la nécessité qui les a contraints, tout à lait malgré eux 1, de dépouiller le clergé. Mais c'est exceptionnellement qu'un roi accepte ainsi pour luimême la responsabilité, mêmeréduite, des spoliations que souffrent les églises. La faute, quand elle est mise au compte de la royauté, est rejetée quelquefois sur les prédécesseurs et parents défunts. Louis le Bègue et Carloman restituent à l'église d'Autun des biens qui ont été enlevés autrefois à l'évêché par des prédécesseurs sans conscience 2. A la même église le roi Eudes rend la villa de Tillenay qui avait été usurpée par ses parents et aliénée par les rois, ses prédécesseurs. Eudes répare ici une spoliation à laquelle ont concouru les rois Carolingiens et ses proches, sans doute son père Robert le Fort d'abord, puis Robert, son propre frère ; la responsabilité est partagée entre l'ancienne famille royale qui céda le bien en bénéfice et la famille robertinienne qui l'avait obtenu des rois 3. Précédemment, en 860, le Carolingien Charles le Chauve rejetait toute la faute sur d'autres que lui-même. A cette date en effet, Tillenay était l'objet d'une première restitution ; le roi se contentait d'accuser de la spoliation l'incurie des recteurs et la violence d'hommes malveillants4.
Cette formule qui, dans les diplômes royaux de restitution, est devenue en quelque sorte une clause de style, renferme l'explication sommaire que les rois du IXe siècle, comme déjà