‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 63 sur 1164 · RESTITUTIONS SUCCESSIVES · texte numérisé non relu

RESTITUTIONS SUCCESSIVES

de l'église de Nevers avaient été arrachés et déchirés, au point qu'elle ne pouvait suffire aux frais du culte ni entretenir ses clercs ; mais l'empereur Charles lui rendit enfin une part des domaines enlevés autrefois *. Au reste, au rapport de l'annaliste de Saint-Bertin, un certain nombre seulement d'évêchés ont obtenu de Pépin des restitutions. Aux yeux du prince, les établissements religieux qui avaient gardé jouissance de biens réputés suffisants n'étaient pas fondés à réclamer justice. Si les intérêts d'une église n'étaient pas spécialement défendus près de lui par le crédit du prélat qui la gouverne ou la vénération que lui inspire le saint qui la patronne, peut-être le roi était-il assez disposé à la trouver suffisamment pourvue de ressources, quelque préjudice qu'elle ait subi.

La consolation promise aux plus malheureux ne leur a pa? été procurée d'un seul coup ; les restitutions qui remirent les clercs et les moines en possession des biens indispensables à leurs subsistances paraissent avoir été opérées lentement et par tranches successives. Si, à la vérité, un diplôme rend aux moines de Saint-Denis un lot très considérable de domaines, cet acte confirme simplement la liste des arrêts rendus précédemment en leur faveur ; les restitutions dont ils bénéficient s'échelonnent sur une période qui n'est pas close à la mort de Pépin. L'Église de Reims a recouvré des biens sur son ordre et aussi, par la grâce de Carloman et de Charlemagne 2.

Dans bien des cas, semble-t-il, c'est par la voie d'une instance judiciaire que les églises recouvrèrent la part des biens jugée par le prince indispensable aux besoins du prélat, des clercs ou des moines. Ils ne furent remis en possession qu'en vertu d'une série d'instructions et d'arrêts. Parfois des missi du roi sont chargés d'enquêter pour faire droit à leurs plaintes. Après discussion des titres, ces juges commissaires prononcent sur place en faveur des religieux de Saint-Denis et des monastères maçonnais les restitutions qu'ils estiment légitimes, possibles et opportunes. Une vaste enquête, dont Pépin sanctionne les résultats vers 751, s'est poursuivie dans les anciens domaines de Saint-Denis, au cours des années qui précédèrent. Ou bien une instance est introduite devant le plaid du prince par les intéressés au sujet d'un domaine particulier. Les biens restitués à l'église de Reims par Pépin, ce sont vraisemblablement les domaines enlevés par des usur-

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