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LE COMITATUS DÉPOUILLE LES ÉGLISES D'AUTRES CITÉS

comtaux l. De même à L3'on 2, à Viviers3 et peut-être à Arles 4, Elne 6, Agde °, on constate que des biens de l'évêché ont été rattachés au bénéfice comtal.

Le comté de la cité où est sise l'église épiscopale, n'est pas toujours le seul dont elle contribue à fournir la dotation. Partout où elle est propriétaire, des biens lui peuvent être ravis pour constituer le comitatus local. L'évêché de Paris a été d'une part mis à contribution au profit des comtes parisiens. En 867, Charles le Chauve rend à l'évêque Enée une île de la Seine, qui précédemment était affectée aux usages du comte et placée sous son dominium 7. Eudes, alors

1. Dipl. de Louis l'Aveugle : « inter) reliquarum substractionemrerum, injuste fuisse sublatam et in comitales usus hactenus foie redactam » (Gall. christ., XVI, Instr., col. 15). La restitution est faite à la prière du fils de Louis, le comte Charles, que M. Poupardin estime {Le roy. de Prov., p. 225) avoir été comte de Vienne, en se basant sur cet acte.

2. En 863, Lothaire II restitue à l'archevêque de Lyon, Rémi, et au comte Girard « res quaslibet episcopatus comitatusque illorum quas unius conditionis et causae esse declaratur ». Ce bien, « quod sanctuarii Domini constat ante fuisse », a été converti « olim », par des gens sans scrupules, en propriété héréditaire H F, VIII, 410). Cette usurpation a été commise au détriment à la fois du comté et de l'évêché ; elle est postérieure à l'affectation qui fut faite au comté du bien épiscopal ; vis-àvis de ce tiers, l'évêché et le comté de Lyon ont mêmes intérêts et ne représentent qu'une seule pars. Charles le Chauve fut prié par le comte Eudes de rendre à Rémi et à l'église de Lyon des biens « in suis aliisque honoribus consistentes, quae sanctae matris ecclesiae esse sciebantur », à savoir deux villae sises l'une dans le pagits d'Autun, l'autre dans le pagus de Châlons ,p. 622). Vraisemblablement, quelquesunes au moins de ces propriétés faisaient partie des honores du comte. Le comitatus de Lyon avait dans ses appartenances l'abbaye de Saint-Martin d'Ambierle : « pertinentem de comitatu Lucdunensi » 'Dipl. de Louis l'Aveugle, n nov. 902, Chartes de Cluny, 78, I, 87). Le cartulaire d'Ambierle présentait la leçon « pertinentem ad archiepiscopatum Lugdunensem » loc. cit.). Vraisemblablement, il s'agit d'un monastère épiscopal de l'église de Lyon qui a été incorporé au comté.

3. Le 22 déc. 862, Charles de Provence rend à l'évêché de Viviers, à la prière du comte Gérard, «res quasdarn sancti Vincentii Vivariensis ecclesiae ad comitatum pertinentes » H L, II, Pr., 162, col. 336).

4. Le 3 janv. 825, Louis le Pieux autorise l'échange de biens qui appartenaient à l'église d'Arles ( ex rébus episcopatus, ... de ratione sanctae Mariae et sancti S tephani vel sancti Genesii) et qui faisaient partie du bénéfice comtal ou personnel du comte Leibulfus (de beneficio praedicti Leibulfi). Celui-ci, pour devenir propriétaire du bien, abandonne à l'archevêque Xoto un autre domaine qui lui appartenait personnellement (H L, II, Pr., 66, col. 152).

5. Le 17 déc. 875, un procès met aux prises le mandataire de l'église d'Elne et un certain Auvaldus qui déclare retenir légitimement» partibus comitiset adservitium régis exercendum » une localité et les hommes qui y habitent. Mais il ne put établir que cette localité « per bénéficia vel adprisionem comiti regalem servitium persolvi debeat » et le mandataire de l'évêque prouva que le bien avait été possédé pendant les derniers cinquante ans « jure ecclesiastico » iH L, II, Pr., 189, col. 382-3). Il semble bien qu'il y ait eu ici usurpation au profit du comitatus.

6. C'est à la demande du comte et peut-être à ses dépens, que restitution est faite à l'église d'Agde par le faux diplôme du n août 84S 'H F, VIII, 496) ; cf. fasc. 1, p. 60, n. 3.

7. 22 avril 867 : « reddimus Insulam... quae... siquidem, praeter nonam et decimam, antea usibus habebatur et dominio comitis ipsius ipsius civitatia et regionis» (de Lasteyrie, Cart. de Paris, 47, p. 64).

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