‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 645 sur 1164 · DOTATION DES COMTES ET VICOMTES · texte numérisé non relu

DOTATION DES COMTES ET VICOMTES

qu'il était encore simple comte de Paris, restituait à l'église des biens que ses prédécesseurs lui auraient enlevés et qui se trouvaient par conséquent sans doute incorporés au comté 1; Il semble aussi que des biens possédés par l'église de Paris en Poitou aient été affectés aux usages des comtes de Poitiers. La villa de Naintré, restituée aux évêques de Paris par Charles le Chauve, en 868, alors qu'il retient en son indominicatum le comté de Poitiers, avait été sans doute jadis réunie à ce bénéfice 2. En 8j8, des biens appartenant à la cathédrale de Tours sis dans les diocèses de Bourges, Limoges, Poitiers, Angers, le Mans, Séez, etc., sont détenus par les comtes et leurs subordonnés. Jean VIII estime que ces biens ont été envahis témérairement par ces usurpateurs. Il s'agit peut-être de biens donnés en bénéfice aux comtes par les rois et cédés dans les mêmes conditions par les comtes à leurs subordonnés, car le pape veut que les évêques les avertissent d'avoir du moins à payer, suivant l'ancienne coutume, nones et dîmes aux ayants-droit, c'est-à-dire à l'archevêque, au chapitre de Tours ou aux monastères dépendants de l'évêché 3. Le temporel de l'église de Tours a vraisemblablement servi à arrondir les comtés en chacune des régions où elle avait des propriétés.

La dotation dont jouissent les vicomtes4 a sans doute aussi en partie la même origine que les biens absorbés par le comitatus. Il semble que l'église cathédrale Saint-Pierre de Poitiers ait été mise à contribution pour constituer le bénéfice des vicomtes de Thouars 5.

Ce sont surtout les évêchés qui ont été démembrés à l'effet de pourvoir d'une dotation les fonctionnaires royaux. Les abbayes ont aussi fourni une part. En 855, les comtes de

1. : « quicquid ab antecessoribus meis per vim atque inaudita aviditate a Parisiacensis saacte ma tris ecclesiae possessionibus ablatum fuit, totum... reddere para' tus existo » (52, p. 71). Eudes s'intitule dans cette charte « Parisiorum pagi humillimus cornes ».

2. Dipl. du 18 mars 868, Baluze, Cap., II, App.,col., 1485. M. Richard (Les comtes de Poitou, I, 31) a montré que Charles le Chauve retenait alors en ses mains le com4tatus de Poitiers.

3. Ep., 158 : « quidam,. ..tam comités quainque subditi eorum, sancti Mauiicii Turonensis ecclesiae res invasas ausu temerario teneant... ; nonas et décimas, secundum antiquam consuetudincm quibus dare debent ...dare minime différant » (Migne, ÇXXVI, 801).

4. Louis d'Outre-mer confirme à Cluny, en 946, une vilhila qui est « de raciorte \ icecomi tatus Lugdunensis » (Chartes de Cluny, 689, 1, 643).

5. La vicomtesse Aremburge a prié, vers 934, l'évêque de Poitiers, Frothaire, de céder à cens aux moines de Saint-Cyprien des terres « ex suo beneficio in rem sancti Pétri ». Cette demande est présentée « in vice Aimcrici sui senioris jain ab hac luce subducti » (Cari. S. Cyprien, 232, p. 150). Le bien de Saint- Pierre appartenait doue au heneficium du vicomte de Thouars, Aimery.

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