‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 648 sur 1164 · LE COMITATUS ABSORBE DES ABBAYES · texte numérisé non relu

LE COMITATUS ABSORBE DES ABBAYES

Parfois, l'abbatia toute entière a été réunie au domaine comtal : telles les abbayes de Saint-Maixent, Saint-Julien de Brioude, Glanf euil, Donzère l. Ce sont surtout des monastères épiscopaux qui ont été incorporés au comitatus, dont la dotation s'accroît ainsi aux dépens d'un évêché. C'était vraisemblablement le cas d'Ambierle, propriété des archevêques de Sens 2. De même, l'abbaye de Saint-Sulpice à Châlons, dépendant de la cathédrale Saint-Étienne, était tenue, en 875, en bénéfice par le comte Geoffroi 3. Des basiliques, des églises rurales avec leur dos peuvent aussi naturellement être rattachées au comitatus 4, comme au fisc royal. Il paraît bien que tout l'avoir de Saint-Lubin et cette église elle-même aient fait partie du comté de Blois. Tenue, semble-t-il, en 865, avec ses biens par le comte Robert le Fort, l'église a passé par la suite du comté au vicomte. C'est par le don du vicomte Quarnégaudus qu'elle fut rattachée, avec toutes ses dépendances, au domaine de Suèvres que possédait Saint-Martin de Tours 6.

et qui donna Cunault aux moines de Saint- Philibert (27déc. 845, p. 483), on pourrait comprendre que cette vigne a été par lui détachée du comitatus de Tours en faveur de Saint-Julien. Mais en pareil cas, l'acte ne spécifierait pas que le bien donné aux moines appartient au comitatus. Il dépend à la fois, en 994, du comitatus et de l'abbatia et par conséquent a été soustrait à l'abbaye en faveur du comté. Il est peu plausible qu'à cette date, on garde souvenir d'une donation faite, vers 850, par le comte Vivien ; il s'agit plutôt d'une libéralité récente, postérieure sans doute à la restauration de Saint- Julien, au Xe siècle, par l'archevêque Théotelon. A ce compte, l'incorporation du bien au comté de Tours est aussi un fait récent.

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