QUALITÉ DES BÉNÉFICIERS
sont dits ses vassi x ou dominici vassi 2. Le roi les qualifie de siens (nostri) 3 ; les occupants sont ses fidèles 4.
Quelques-uns de ces bénéficiers nantis de biens d'église remplissent auprès du roi une charge. Le comte Adalbert, qui détient des biens de l'église du Mans, est le conseiller du roi. Un autre bénéficier de la même église, le comte Agbert, est dit par le roi hostiarius atque consiliarius noster 6. Lambert, ministerialis de Charles le Chauve, tient de lui en bénéfice des biens de l'église de Lyon 6. Rothard, qui a reçu une abbaye de l'église de Châlons, est, au dire du roi Carloman, son vassal et son juge 7.
La plupart des fidèles royaux ainsi pourvus de biens d'église rendent surtout au souverain des services d'ordre militaire. Ce sont des soldats qui font assidûment campagne avec le roi. Parfois pourtant, il cède en bénéfice des biens d'église à des personnages qui ne figurent pas dans les rangs de l'armée,
i. Le capit. de Louis le Pieux de 818-9 (61 Cap.,l.p. 287) stipule que les vassinostri supporteront leur part des dépenses d'entretien des bâtiments ecclésiastiques^ comme les comtes. Les textes cités p, 243, 11.5 mentionnent aussi les vassi après les comtes. Neuville, propriété de l'église du Mans, « ab Heremberto vasallo nostro in beneficium data possideretur a (Dipl. de Louis le Pieux, 8 janv. 833, Gesla Aldrici, 31) ; « bénéficia quinque vasallorum nostrorum » (Dipl. faux du 20 févr. 840, p. 53) ; Bavo, vasallus noster..., villam... de jure Cenomannicae matris aecclesiae per nostrum beneficium possideret » (23 avril 838, p. 175) ; « quidam vasalli nostri, ( Ihermundus, Vulf ardus, Berchadus, Hodoet sociussuus, bénéficia ex tuo episcopio haberent » (Lettre de l'empereur à Aldric, p. 186 ; cf. dipl. du 24 juin 835, p. 187). Le dipl. de Charles le Chauve du 15 mai S66 restitue à l'église de Châlons les bénéfices du comte Gérard et de Hugues, «vasallus noster » (Cart. chap. Châlons, 35). Rothard, qui tient, en 880, des biens de la même église, est dit par Carloman « vasallus et judex noster » (p. 22).
2. En 823, Bertrand, domlnicus vassus, tient en bénéfice, en Auvergne, desbiens de Notre-Dame de Laon (Desjardins, Cart. de Conques, 460, p. 332). L'auteur des Gesta Aldrici parle des villae, <■ quae regia largitione vasalli dominici adipisci... mcruerunt » (p. 2>i) ei- des précaires délivrés à Bavo, « vasso dominico » (p. 174 et 175), à Agbert, « vasso dominico >> (p. 191). Aldric assigne à ses chanoines une part des biens que Louis le Pieux lui a rendus, « quas vassi dominici per ejus beneficium tenebant » (p. 80). Suivant un diplôme de Charles le Chauve du 13 juin 843, des vassi dominici axaient depuis toujours en bénéfice des biens de Saint-Maurice d'Angers (plus loin, p. 248, n. 2). Suivant un diplôme du 13 janvier, » nostri indomiuicati vassalli » tiennent actuellement des biens de l'église de Nevers {Gall. christ., XII Instr., col. 300).
3. Le 24 déc. 837, Pépin I d'Aquitaine restitue à Saint-Maurice d'Angers des biens « praesumptione quorumdam nostrorum direptas » [Cart. Saint-Maurice. 6, p. 18).
4. Dipl. de Charles le Chauve, 12 août 860 : « quicquid fidèles nostri de rébus sancti Stephani babere dinoscuntur » [Cart. chap. Châlons, 13) ; cf. dipl. du 12 août 859, p. 17. Dipl.de Louis le Pieux, 51 déc . 832: « fidèles nostri qui res sancti Gervasii beneâciario munere possidebant » (Gesta Aldrici, 34). Les bénéficiers Agbert et Adalbert, qualifiés de cornes, hostiarius, consiliarius noster, sont dits dans le me me diplôme fidelis noster (16 nov . 839, p. 193 ; 17 avril 838, p. 199).