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LE BÉNÉFICE ROYAL DEVIENT HÉRÉDITAIRE

laïque en celles d'un autre. Hincmar cite six personnages qui en ont été tour à tour investis 1. Les domaines d'Aguilcourt et de Juvincourt, appartenant aux églises de Laon et de Reims, ont été tenus, sans doute depuis le temps de Charlemagne, « per regium beneficium », par neuf bénéficiers successifs, que nomme Hincmar, et par d'autres encore, dont l'archevêque n'a pu retrouver les noms2.

Le plus souvent, c'est la mort de l'occupant qui entraîne le transfert en d'autres mains du bénéfice. Mais, de même qu'un abbé tiède, suspect ou traître perd son abbaye, le bénéficier tombé en disgrâce est privé du bien d'église qu'il ne tenait que par ordre du roi. Donat, qui avait reçu en bénéfice de Louis le Pieux la villa deNeuilly, prit parti, en 834, pour les fils révoltés de l'empereur. Le domaine lui fut repris et attribué en bénéfice à Athon. Au décès de celui-ci, Donat, rentré en grâce près de Charles le Chauve, obtint de nouveau la villa ; mais sa veuve et son fils s'étant prononcés, en 858, en faveur du roi de Germanie, envahisseur des États de son frère, leur bénéfice fut confisqué avec les alleux de la famille 3.

Quand un tel accident ne vient pas interrompre la jouissance de l'occupant, non seulement il est assuré de la garder jusqu'à sa mort, mais très souvent il la transmet à ses enfants. Pour les bénéficiers pourvus par ordre du roi de biens ecclésiastiques, comme pour tous les autres, la tendance à l'hérédité apparaît de très bonne heure. Entre 841 et 851, Lothaire restitue à l'église de Lyon un bien qu'ont précédemment tenu Bertmundus et son père Ebrardus 4. Comme le fils est probablement déjà mort à cette date, il avait vraisemblablement hérité du bénéfice sous le règne de Louis le Pieux. Donat, qui tenait Neuilly en bénéfice, a recommandé son fils à Charles le Chauve qui, après la mort de Donat, laissa le bénéfice à sa famille. Un peu plus tard, alors que celle-ci est en disgrâce, Bernaus a obtenu la même villa en bénéfice après son frère Rothaus 6. Une portion au moins de la villa de Poilly, propriété de l'église de Laon, qui constitue le bénéfice de Nortman, a été cédée aussi à son fils 6.

L'hérédité apparaît bien plus nettement dans la jouissance bénéficiaire de la villa de Folembray, qui paraît avoir fait

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