‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 664 sur 1164 · LES FILS HÉRITENT DU BÉNÉFICE · texte numérisé non relu

LES FILS HÉRITENT DU BÉNÉFICE

l'objet, au temps de Charlemagne, d'un précaire verbo régis- Au temps de Tilpin, ce domaine fut tenu en bénéfice par Raoul, aïeul de Pardulus, évêque de Laon, puis par Odelhérus, son père. Le bénéfice passa ensuite aux mains d'Odelgisus, frère de l'évêque de Laon et enfin aux mains d'Odelharius, fils d'Odelgisus. Ce bénéfice fut tenu de père en fils pendant quatre générations, sans doute jusqu'à l'extinction de la descendance directe 1.

En fait, si les bénéficiers du roi ont des fils qui sont prêts à le servir en place de leur père, le bénéfice leur restera. Suivant l'auteur des Actus, Charlemagne aurait jadis accordé à l'église du Mans un précepte ordonnant la restitution des bénéfices à la mort des détenteurs, mais au cas seulement où ceux-ci meurent sans enfants qui soient attachés au service du roi 2. La correspondance de Frothaire, évêque de Toul, montre combien il était difficile aux prélats, après le décès d'un bénéficier, d'évincer ses héritiers. Une villa, que Louis le Pieux avait rendue au monastère de Saint-Epvre, avait été cédée en bénéfice par l'évêque à un espagnol nommé Joseph. Il est mort, laissant une veuve et un fils enfant qui sont de la fpmilia du seigneur empereur. Par charité et par égard pour l'empereur, l'évêque se proposait de donner à cette femme 10 manses et une vigne et de restituer les 20 autres manses à la communauté de Saint-Epvre. Mais la veuve a méprisé cette offre ; elle s'est rendue au palais, afin d'obtenir en cachette et sans l'évêque le bénéfice entier 3. Quoiqu'en dise le prélat 4, il

1. Hincmar i ep., à Hincmar de Laon, col. 538. Des mains d'Odelharius, le bénéfice a passé aux mains d'Osverus par le don d'Hincmar. L'archevêque ne marque pas qu'Osverus appartienne à la famille de Pardulus. Odelharius n'eut sans doute pas d'enfants et Hincmar put alors disposer du bénéfice.

2. Actus, 21 : « ut quicumque de ejus (l'église) rébus perbeneficium regale aliquid haberet et absque liberis sibi servientibus defunctus fuerit, statim episcopus... reciperet » (p. 272).

Page 1