BÉNÉFICES
Après avoir désigné les auteurs responsables de la sécularisation, en avoir caractérisé les méthodes, distingué les différents bénéficiaires, il en faut examiner l'objet et sonder les blessures qu'elle fait au temporel des églises. De quelle sorte de biens celles-ci sont-elles dépouillées et comment sont composés les bénéfices constitués à leurs dépens ? Quelle est l'importance de ces bénéfices et comment apprécier la valeur de la part faite à chaque bénéficier ? La liste des églises éprouvées par les sécularisations peut-elle être dressée, dans quelle mesure sont-elles atteintes, quel est le dommage moral et matériel souffert par chacune d'elles et par l'ensemble des églises ? Est-il possible de se représenter le nombre des hommes royaux pourvus de domaines ecclésiastiques et de faire la somme des biens ainsi détournés de leur destination sacrée ? Quelle a été, d'une manière générale, la portée du coup dont la monarchie carolingienne a frappé la propriété ecclésiastique et à quel moment a-t-il été le plus vivement ressenti ? On essaiera, sinon de résoudre tous ces problèmes, car les données que nous possédons au sujet du plus grand nombre sont tout à fait insuffisantes, du moins d'apporter sur chacun de ces points les éclaircissements que fournissent les documents.
Les biens enlevés aux églises et monastères appartiennent aux diverses catégories de propriétés dont se compose à l'époque carolingienne l'avoir des églises. Comme leur fortune est essentiellement foncière, c'est aussi de terres qu'est composé presque exclusivement le bénéfice des fidèles du roi possessionnés aux dépens d'une église.
Eu égard au régime de la grande propriété qui conditionne