‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 669 sur 1164 · LES GRANDS BÉNÉFICES ROYAUX · texte numérisé non relu

LES GRANDS BÉNÉFICES ROYAUX

la fortune des églises comme celle des propriétaires laïques, le bénéfice ne paraît pas opérer de morcellement dans les grands domaines que possède un établissement ecclésiastique. A la vérité, des hommes royaux détiennent parfois seulement quelques manses arrachés à Y indominicatum d'une église, mais il s'agit soit de petites unités foncières, comme on en rencontre quelques-unes à côté des grandes propriétés qui constituent essentiellement l'avoir des églises, soit de la dotation modeste de petites basiliques qui dépendent d'un évêché, d'une abbaye l. Au reste, le bénéfice d'un miles du roi comprend le plus souvent au moins un grand domaine 2 et souvent bien davantage. Josselin, vassal de Charles le Gros, a reçu en bénéfice une villa de 95 manses, ainsi qu'un autre grand domaine de l'église de Toul 3. Bavon tenait en précaire d'Aldric, évêque du Mans, les villae de Trans et de Villaines*. En 869, le bénéfice du comte Atton comprenait trois grands domaines de l'église de Besançon 5. Bertmundus tenait, sous Lothaire I, trois villae et deux villulae appartenant à l'église de Lyon a. Le bénéfice d'Odelbertus, vassal de Charles le Chauve, était composé aux dépens de l'église de Châlons de cinq villae 7. Willibertus, au temps de Charlemagne, occupait, en vertu de trois précaires délivrés par les évêques du Mans, la villa de Mézangers d'une part, d'autre part la cella de Saint-

1. Le bénéfice d'un miles possessionné aux dépens de l'église de Toul comprenait seulement deux manses, au temps de Louis le Pieux (Froth. ep., 17, Ep., V, 288). Six manses avaient été soustraits de la même manière à une basilique de l'évêché et quarante à l'église d'un saint (loc. cit.). Le dipl. de Charles le Chauve du 23 avril 861 signale 6 manses appartenant à l'église d'Autun et qui sont détenus par les comtes (Cart. église d'Autun, 8, I, 12) ; mais le bénéfice comtal comprend aussi plusieurs villae de l'église. Le polyptyque de Saint-Germain des Prés décrit, parmi les fiscs qui correspondent à une villa proprement dite, le fisc de la centaine de Corbon (p. 122, Introd., 854), qui est constitué par un groupe de petites donations. Euricus tenait de l'abbé en bénéfice un médiocre domaine de 9 manses (p. 278). Le bénéfice tenu par Acoinus à Nosay comprenait 10 manses 1 /2 (loc. cit.).

2. Lambert, fidèle de Charles le Chauve, tient en bénéfice une villa de l'église de Lyon (Dipl. post 869, HF, VIII, 622). Une villa de l'église de Nevers est tenue par des étrangers en bénéfice (Dipl. de Carloman, 12 janv. 881, IX, 19). Les villae des églises de Reims, Neuilly, Follembray (plus haut, p. 250-1), constituent chacune un bénéfice. Plusieurs bénéficiers de Charles le Chauve occupent chacun une ju//a de l'évêché de Châlons (12 août 860, Cart.chap. Châlons, 13; 12 août 859, p. 16) ; d'autres, les comtes Banzlegb, Adalbert, Bavon, le comte Agbert tiennent chacun une villa de l'église du Mans (22 mars, 17, 23 avril 838, 16 nov. 839, Gesta Aldrici, 120, 128, 175, 193). Le beneficium d'Hérembert comprend, outre la villa de Neuveville, divers biens et droits énumérés dans le diplôme du 8 janv. 833 (p. 31), etc.

Page 1