‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 670 sur 1164 · BÉNÉFICE ROYAL CONSTITUÉ EN ABBAYES · texte numérisé non relu

BÉNÉFICE ROYAL CONSTITUÉ EN ABBAYES

Fraimbault et enfin un lot de huit villae ou vici publici l. Les trois villae de Fresnay, Fléchart et Assé, plus Saint- Georges, basilique ou monastère, de qui dépendaient trois autres domaines, avaient étéravies, probablement sousCharles Martel, à l'église du Mans 2 et constituaient au temps de Pépin le bénéfice de Vulsindus, sous Charlemagne, celui de Germundus 3. Le lot que sous Charles Martel, détenait le comte Ratharius ne contenait pas moins de 29 villae appartenant à Saint-Wandritle 4. Le bénéfice comtal d'une cité comprenait d'ordinaire une large tranche de biens empruntés à l'évêché et aux abbayes. La masse de biens ecclésiastiques que retient le comitatus permettait de le placer à côté de Y episcopatus et de Yabbatia. Un comte, en raison de sa charge, jouissait en fait d'une prébende de biens ecclésiastiques qui parfois peut-être n'était guère inférieure à celle dont disposait un évêque ou un abbé 5.

Quand le souverain cédait en bénéfice à un séculier une abbaye royale, c'était en raison du lot important de domaines dont elle procurait la jouissance ; il l'abandonnait à un fidèle, comme il lui eût concédé plusieurs villae, appartenant à son fisc ou à des églises. En tant qu'elle comprend un groupe de biens fonciers, Yabbatia d'un monastère appartenant à un évêché ou à une autre abbaye pouvait être distraite en bloc par le roi de cet évêché ou de cette abbaye, au même titre qu'une série de domaines isolés. Par là se rejoignaient et se confondaient les deux abus souvent condamnés par le clergé : un monastère est cédé à un séculier et cette propriété d'une autre église est usurpée sur ce propriétaire par le roi en faveur de l'un de ses fidèles.

Souvent en effet, un souverain donne en bénéfice à ses serviteurs des abbayes qui appartiennent légitimement à une église épiscopale et qu'il tient en son dominicatum, en vertu d'une confiscation qui a fait de ce monastère épiscopal en monastère royal 6. Les abbayes de Saint-Gervais et Saint- Protais, de Saint-Martin, de Saint-Eusèbe, sont rendues par Charlemagne à l'église d'Auxerre ; elles avaient été cédées en bénéfice, car c'est à la mort des détenteurs que restitution

1. Gesta Aldrici, 181-4 ; cf. fasc. 1, p. 69. Deux précaires datent d'avril 800, le troisième de mai 797.

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