ÉPOQUE DU PLUS GRAND DOMMAGE
ment d'une église ne peut être rigoureusement établi pour aucune période.
Si l'on compare ces divers temps, on pourra peut-être mesurer le préjudice plus ou moins grand qu'ils apportent aux églises. La plus forte part des biens tenus en bénéfice par les vassi royaux, au cours du IXe siècle, a été probablement enlevée au clergé et aux moines avant le règne de Louis le Pieux. Les églises d'Orléans, de Nevers ont souffert surtout des pertes que déjà Charlemagne et Louis le Pieux ont réparées 1. La majeure partie des bénéfices tenus par les fidèles des rois, dans la deuxième moitié du siècle, avaient été déj à aux mains des fidèles de Charlemagne et de Pépin ou spoliées sous Charles Martel. Telles les villae de Neuilly, de Folembray, propriétés de l'église de Reims, Juvincourt et Aguilcourt qui appartiennent aux églises de Reims et de Laon 2. L'église du Mans a été dépossédée surtout avant le règne de Louis le Pieux 3. Les diplômes de restitution délivrés par ses successeurs ont le plus souvent pour objet des biens enlevés autrefois (dudum, olim) *. Sans doute, au temps de Charles le Gros, les sécularisations faites dans les années qui suivent la mort de Louis le Pieux pouvaient être qualifiées d'anciennes ; mais vraisemblablement, il s'agit, dans la plupart des cas, de biens enlevés sous les premiers Carolingiens. Le clergé, au temps d'Agobard, de Wala et d'Hincmar, se plaignait d'être spolié, non seulement parce que les rois faisaient de nouvelles emprises sur le patrimoine des églises, mais aussi parce que la masse énorme de biens ecclésiastiques sécularisés au VIIIe siècle et pendant tout le règne de Charlemagne demeurait à la disposition des souverains.
La somme des biens enlevés aux églises par Pépin et Charlemagne est-elle plus forte ou plus modique que la contribution exigée d'elle sous Charles Martel ? La divisio entreprise par Pépin et continuée par Charlemagne a eu un caractère plus méthodique, plus régulier que les spoliations désordonnées d'antan. Elle a probablement coûté moins cher à l'Église qui n'a plus été, comme précédemment, foulée aux pieds et complètement dépouillée (calcata et dissipata). Les restitutions de grand style obtenues de Pépin et de Charlemagne par les moines de Saint-Denis, les évêques du Mans, d'Orléans, d' Auxerre, les « consolations » promises à Estinnes et à Soissons
i. Cf. fasc. i, p. 53-4.