INVENTAIRE ET PARTAGE
leurs qu'aucun nouveau prélèvement n'ait été fait sur le temporel ecclésiastique, sauf au bénéfice de clercs ou d'évêques déposés *. Le missionnaire témoin de spoliations nouvelles se serait plaint du retour de si détestables pratiques. Mais après sa mort, moins de dix ans après la promulgation des premiers capitulaires qui arrêtèrent et réparèrent partiellement le pillage, quand Pépin, devenu par la retraite de Carloman seul maître de tous les pays francs, eut pris la couronne, loin de songer à rendre aux églises tout ce qu'elles avaient perdu, il recommença à puiser largement dans leur patrimoine.
A la différence de Charles Martel toutefois, Pépin cherche à concilier les intérêts des églises avec les sacrifices qu'il en exige au nom de la raison d'État. Cette précaution lui fit sans doute la réputation qu'il a conservée auprès des générations suivantes. Il apporte dans le dépècement du temporel ecclésiastique une méthode inconnue avant lui et une mesure qui n'avait pas été gardée sous Charles Martel. Le souci qu'a eu Pépin de satisfaire en même temps aux besoins des églises et à ceux du regnum s'est traduit à la fois par des restitutions, comme il l'avait promis, mais d'autre part aussi par de nouvelles sécularisations. Aux églises les plus pauvres il a rendu l'indispensable, à celles qui avaient des ressources il a pris ce qu'il considérait comme superflu.
Aux environs de l'an 751, fut entreprise une enquête sur l'état du temporel des églises. Il ne s'agissait pas, ou du moins on ne se souciait pas seulement de restituer le nécessaire aux églises indigentes : Pépin entendait mettre à contribution les églises encore opulentes. Plusieurs annalistes rapportent qu'à cette date, inventaire fut fait des biens qui composaient le patrimoine des églises. Cette descriptio fut le prélude et le fondement d'un partage (divisio) 2, là sans doute du moins où il parut que l'église était assez riche pour supporter le dommage. Une part du patrimoine, peut-être le tiers 3, fut