‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 702 sur 1164 · PERTES SUBIES PAR SAINT-DENIS · texte numérisé non relu

PERTES SUBIES PAR SAINT-DENIS

rie du monastère, soit au propre prêtre l, car cette contribution exclut toujours la double dîme exigible des bénéficiers du roi 2. Ce n'est donc pas à la catégorie des bénéfices et des bénéficiers royaux que se réfèrent les renseignements que nous possédons sur les bénéficia décrits par les inventaires monastiques de la fin du VIIIe ou de la première moitié du IXe siècle et auxquels font allusion les chartes et statuts des monastères. Si la part que ces documents montrent être faite aux bénéficiers est très considérable, plus forte même que la pars indominicata des religieux 3, il ne faut pas en chercher la cause dans les sécularisations ordonnées par les Carolingiens.

On peut établir pourtant que les pertes infligées à certains monastères par le fait du prince ont été très graves, surtout, semble-t-il, au cours du premier âge des sécularisations. C'est vraisemblablement par ordre de Charles Martel, que le comte Ratharius détenait pour sa part vingt-neuf grands domaines appartenant à Saint- Wandrille, et comme le chroniqueur du monastère observe que les villae cédées par l'abbé Wido aux hommes royaux ne figurent pas dans l'inventaire dressé à sa mort, on est tenté de penser qu'elles constituaient une masse plus considérable encore, que Ratharius n'était pas le seul personnage ainsi pourvu aux. dépens des religieux 4. La simple « consolation > accordée par Pépin, en 750 ou 751, aux moines de Saint-Denis, ne leur restituait pas moins de 47 localités expressément énumérées, outre divers domaines qu'il a paru superflu de mentionner. Successivement, les moines ont recouvré ensuite Taverny, puis Essonnes, plus tard encore Quisinas et Madriu que tenaient des bénéficiers du prince. La cella d'Argenteuil, qui appartenait au monastère, a été confisquée, sans doute par Charlemagne. Lothaire I a enlevé aux moines leurs terres de la Valteline 5.

Si pour quelques églises épiscopales et monastiques nous

1. C'est le cas de tous les bcncficiers de Corbie (omnes beneficiarii sancti Pétri, Les Statuts d' Adalhard, éd. Levillain, 53-4) ; cf. art. cit., p. 210-1. C'est aussi le cas des bénéficiers de Saint-Germain des Prés (art. cit., p. 2 12-3) et celui des bénéficiers dans les abbayes (voir leur liste dans nos articles , La dîme des biens ecclés., R. d'hist. ecclés., t. XIII, 1912, p. 482, n. 1 et Les bénéf. de Saint- Germain, 214, n.i) où prévaut l'usage de dîmer toutes les villae en faveur de l'hôtellerie.

2. Cf. La dîme des biens ecclés., 493 ; Les bénéf. de Saint- Germain, 211.

3. Cf. Les bénéf. de Saint- Germain, 86-9. A Saint-\V andrille, ces bénéficia comprenaient 2 595 manses, alors que les religieux n'en retenaient que 1569 (art. cité, p. 87) ; à Saint-Germain, nous connaissons 29 bénéfices dont quelques-uns devaient être considérables et qui sont très loin de représenter toute la portion des biens cédés en bénéfice fp. 88) ; à Saint-Riquier, alors que la pars indominicata comprenait 100 villae, 117 villae étaient tenues en bénéfice par 100 milites (p. 84-5, 87).

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