‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 71 sur 1164 · DIVISIO » DES ÉVÊCHÉS · texte numérisé non relu

DIVISIO » DES ÉVÊCHÉS

mise en réserve en faveur du prélat, des clercs ou des moines, le reste partagé entre les fidèles du prince. A.Auxerre, pendant l'épiscopat d'Aidulfus, c'est-à-dire non pas, comme le croit l'historiographe de l'église, au temps de Charles Martel, mais sous le règne de Pépin, cent manses furent laissés au prélat, les autres villae distribuées entre six princes bavarois, les abbayes qui dépendaient de l'évêché attribuées à des particuliers K L'évêché de Mâcon fut dans le même temps l'objet d'une divisio. Une notice écrite sous le règne de Pépin signale les villae et abbayes réservées aux usages de l'évêque par les missi du prince et les autres villae que le roi a données en bénéfice ou qu'il garde à son usage 2. Sigovésus et ses hommes devront payer, pour chaque villa et abbaye dont ils ont obtenu jouissance, le cens déterminé par le bref de ces propriétés 3, qui fut rédigé sans doute lors de l'inventaire dressé en vue du partage. C'est vraisemblablement à cette opération que les diplômes de Louis le Pieux et de Charles le Chauve font allusion, quand ils signalent la divisio jadis faite à Mâcon 4. Le tiers du tonlieu de la cité, le tiers des reve-

base d'un tiers accordé à l'une ou l'autre partie. D'ailleurs ce dernier diplôme est un faux (F. Lot, le règne de Charles le Chauve, n. 4 de la p. 196). M. Pôschl estime qu'en vertu de cette divisio, un tiers était laissé à l'évêque et les deux autres tiers attribués au comté. Les textes où la division par tiers est signalée ne font pas mention du comté.

1. Gesta episc. Autisiod., 32, SS, xni, 395. L'historiographe qui déclare que cette spoliation fut faite au temps de Charles Martel, sait pourtant qu'Aidulfus a occupé aussi le siège d'Auxerre sous Pépin. Ribbeck (p. 75) montre que c'est en majeure partie au temps de Pépin qu'il faut rapporter les quinze années d'épiscopat d'Aidulfus qui depuis Hakimarus, contemporain des luttes soutenues contre Eudes d'Aquitaine (c 731-5), a eu quatre prédécesseurs. Mgr Ducliesne (Fastes épisc., 2e éd., 11, 449) rapporte au temps de Pépin tout son épiscopat (751-66). L'attribution des biens à des principes Baioarii doit être postérieure à l'expédition de Pépin en Bavière en 743 (cf. K.Voigt, DieKarol. Klosterpolitik, 52). La tradition auxerroise est influencée par la mauvaise réputation qu'avait Charles Martel au temps où écrit le chroniqueur.

2. « Episcopales villas et abbatias... excepto de his aliis villis quas domnus rex beneficio dédit et id quod ad suum opus habet » (Ragut, Cart. Saint-Vincent, 67, P- 54).

3. « Jussum est ut annis singulis censum ad partem ejusdem ecclesievel ipsi episcopo qui ibidem desservit, sicut eorum continet brevis, de unaquaque villa vel abbatia quas Sigovésus ad suum opus habet vel sui homines » (p. 55).

4. Dipl. de Louis le Pieux, 814-5, B M 561 : « secundum divisionem quae^oUm facta est » {Cart. Saint Vincent, 809, p. 316) ; de Charles le Chauve, c. 862: «secundum divisionem que priscis temporibus facta fuerat » (64, p. 51). Suivant M. Pôschl (Bischofsgut, 1, 131), le fait s'est produit sous Charlemagne ; cet érudit ne tient pas compte de la notice citée n. précéd., qui rapporte les sécularisations accomplies sous Pépin. La divisio qu'en 814-5, Louis le Pieux dit avoir été faite olim, date vraisemblablement d'une époque antérieure au règne de son prédécesseur. M. Pôschl estime qu'à Mâcon comme à Coire et à Trêves, il s'agit d'un partage fait entre V cpiscopatus et le comitatus, mais dans les diplômes de Louis le Pieux et de Charles le Chauve aucune mention n'est faite du comté.

Page 1