DOUBLE DÎME EN PLUS DU CENS
l'église du Mans 1. Les conciles de Langres et de Savonnières enseignent qu'il est équitable de verseï au ministre de Dieu la double dîme, en plus de la redevance ordinaire 2, c'est-à-dire du cens. Au Xe siècle encore, le cens est encore stipulé parfois, en même temps que la double dîme. En 935, le roi Raoul, attribuant en bénéfice à l'évêque de Nevers,Tédelgrinus, des biens qui sont en son pouvoir, décide que ce prélat devra payer à Saint-Symphorien les nones et dîmes d'un domaine, avec un cens de 10 sous, et mêmes redevances pour un autre bien au recteur de Saint-André 3. Le noble Warulfus, qui a obtenu de la largesse de la comtesse Ermengarde des terres appartenant à Saint-Marcel de Chalon, s'est engagé, en juin 924, à payer un cens de 12 deniers pour le luminaire de l'église et à remettre les dîmes de Y indominicatum pour l'usage des chanoines 4.
Comme la double dîme n'est perçue que sur les produits récoltés dans la portion du domaine réservée au maître, elle n'est sans doute exigible, en plus du cens, que si le bénéfice se compose d'un ou de plusieurs grands domaines comportant un dominicum directement tenu de l'établissement propriétaire. D'un bénéficier qui n'occupe qu'un certain nombre de manses5, on ne réclame, semble-t-il, qu'un cens.
C'est aussi à cette contribution seule qu'est assujetti le détenteur d'abbayes, ceïïae, chapelles appartenant à une autre église 6. Les faussaires manceaux, dans les diplômes qu'ils
1. Il en est ainsi du comte Banzlegb (Dipl. du 22 mars 838, Gesla Aldrici, 120), du comte Adalbert (Dipl. du 17 avril, p. 198), du vassal de l'empereur, Bavon (Dipl. du 23 avril 838, p. 175 ; Précaire du 21 avril 831, p. 174), du comte Agbert (Dipl. du 16 nov. 839, p. 192 ; Précaire du 24 janv. 840, p. 191-2).
2. Canons du synode de Langres confirmés à Savonnières en 859, 13 : « Ut de rébus Deo sacratis saltem nonae et decimae ecclesiis quibus jure debentur fideliter ab iis a quibus retinentur ministrentur. Quia si de proprio Deo ex voto decimae offeruntur, multo magis... post redhibitionis oblationem, quinta pars insuper ejus ministris jure offertur » (Mansi, XV, 539).