‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 741 sur 1164 · BÉNÉFICIERS ROYAUX SOUMIS AU DOUBLE DIMAGÉ · texte numérisé non relu

BÉNÉFICIERS ROYAUX SOUMIS AU DOUBLE DIMAGÉ

tiennent les biens d'église par la largesse du monarque 1. On constate souvent que cette redevance est effectivement acquittée par la catégorie spéciale des béné liciers royaux 2 et quand de grands seigneurs cédèrent en place des rois des biens ecclésiastiques, ce fut parfois encore aux mêmes conditions 3.

Parmi les bénéficier s du roi qui doivent la double dîme, il faut ranger les détenteurs d'un bénéfice comtal, pour autant qu'il se compose de biens d'église. Les Capitulaires soumettent au double dîmage les comtes, comme les autres vassi royaux qui détiennent ces biens 4. Maintes fois, il est dit des propriétés d'église, associées, incorporées au comitatus, que la double dîme du revenu qu'elles produisent est versée à l'établissement propriétaire 5. En droit, ce prélèvement devait être fait aussi sur les domaines ecclésiastiques retenus dans Yindominicatum royal. Il fut du moins un temps où l'église de Reims percevait les doubles dîmes delà villa de Douzy tenue à cens par les rois. En fait, les souverains se dispensent d'acquitter cette redevance 6 et les comtes, comme tant d'autres bénéficiers du reste, négligent souvent de payer la double dîme7; mais il ne semble pas que le comitatus, pas plus que le fisc royal soit dispensé jamais formellement8 de la charge imposée à tous ceux qui détiennent des biens d'église sécularisés per verbum régis.

i. Voir les diplômes cités plus haut, p. 279, n. 3.

2. Anscher, le saxon qui a reçu de Charlemagnc la villa de Neuilly en bénéfice, payait nones et dîmes à l'église de Reims (De villa Novil.,SS, XV 1 168). Louis le Pieux oblige à payer la double dîme le comte et ses vassi qui ont en bénéfice des biens de Saint-Bénigne (HF, VI, 257). Les biens que, le 21 oct. 845, Charles le Chauve attribue en bénéfice aux moines de Saint-Maur de Glanfeuil, sous réserve des dîmes et nones, étaient précédemment tenus en bénéfice par son fidèle Ithier (Cart. S. Mauri, 19, Marchegay, Arch. d'Anjou, I, 362).

3. Le 11 déc. 941, Gilbert, comte d'Autun, accorde au fidèle de Robert, son fidèle, un manse y2 de terres appartenant à Saint-Étienne de Dijon, du consentement de l'archidiacre Rallier et de ses chanoines, à condition que l'église recevra, comme il est prescrit, nones et dîmes (Pérard, 63). De même, les comtes de Chaton stipulent que les personnes qu'ils mettent en possession de biens de Saint-Marcel verseront aux mains des chanoines les dîmes « de. rébus indominicatis » (juin 934, Cart. Saint-Marcel, 27, p. 28).

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