SOLLICITATIONS FAITES AU PALAIS
mois de décembre 846, il écrit à l'abbé de Prûm : « Je suis arrivé au palais le 30 novembre et je demeure auprès du roi assidûment, en dépit des frais et de la fatigue ; mais le roi diffère toujours de remplir mon espoir à cause de l'absence d'Odulfus * ». « Les rois auront colloque au Carême à Maëstricht, écrit-il au début de l'année 847 à Marckward de Prûm ; les besoins de l'église m'y appellent ; voici que depuis 4 mois je n'ai pas quitté le roi un seul jour » 2. Quelques jours plus tard, l'abbé annonce qu'il va se mettre en route pour assister au' synode à Attigny ; il ajoute, avec quelque mélancolie, qu'il n'a pu encore récupérer Saint-Josse3. Ce service assidu, auquel il consacre toutes ses forces et qui en dépasse même les limites, ne lui a rien rapporté ; non seulement il n'a mérité ainsi aucun don à l'adresse de son monastère, mais il a essuyé l'affront de voir livrer à un séculier la meilleure part de son abbaye 4.
En même temps que Loup s'emploie personnellement sans cesse, il met en campagne ses amis. Tous les familiers du roi sont invités à intervenir en faveur des moines de Ferrières. Adalhard a promis à l'abbé de saisir la première occasion de lui faire 'rendre Saint-Josse 5. C'est grâce à cet influent personnage, que Loup obtient de Charles un diplôme de restitution 6. Mais il a fallu aussi que Louis, abbé de Saint-Denis, s'intéressât à l'affaire et Loup l'en a prié à plusieurs reprises 7. L'abbé Hugues 8, l'archevêque Hincmar9 sont invités aussi à s'entremettre. Loup presse Marckward devenir le rejoindre au palais ; il pourra l'aider beaucoup dans ses efforts pour
amisi Tamen spem gerens recuperandi meo servitio... » (p. 68). Même thème dans une lettre adressée à Hincmar, 42, p. 50.
1. 55 : * ingentibus dispendiis atque laboribus cum rege versor assidue, spes meas différente propter absentiam, ut fatetur, Odulfi » (p. 127). C'est le comte Odulfus qui détient la villa en bénéfice.
2. 59 : « quo me trahit ecclesiastica nécessitas. Çjua urgente... cum rege quartum ago mensem ita ut ne die quidem a comitatu afuerim » (p. 60). Il faut entendre V ecclesiastica. nécessitas des besoins généraux de l'Église, mais vraisemblablement, Loup s'occupe aussi des intérêts propres de son monastère.
4. 42 : « cum enim pro viribus, immo ultra vires, régi servierim,... non soluni ut aliquid mediocritati nostri coenobii conferret non merui, verum etiam hanc notam incurri ut partem ejus optimam saeculari homini traderet » (p. 50).
5. 92 : « oportunitate se ultro ingerente, cellam sancti Judoci nobis recuperaturusesset »(p.82).
6. 88, p. 79. Peut-être s'agit-il du diplôme de restitution du 27 déc. 84 d'ailleurs n'ordonne pas l'éviction d'Odulfus ; la cella ne reviendra aux mains du légitime propriétaire qu'après la mort du bénéficier ou quand il aura été autrement pourvu (HF, VIII, 448).