LES GRANDS RENDENT DES BIENS TENUS EN LEURS MAINS
rend à l'église de Toul la jouissance des abbayes de Saint- Epvre et de Saint-Germain ; après les avoir soustraites à un évêque infidèle, il les avait concédées en effet non pas à des bénéficiers, mais à son fisc 1.
! Les grands émancipés vis-à-vis des Carolingiens rendent comme eux des biens tenus en leurs mains propres. Salomon, duc et prince des Bretons, restitue de sa propre autorité et sans passer par l'intermédiaire du roi Carolingien des biens du monastère de Priim, qui sont, dit-il, en son pouvoir et en son royaume. L'abbé Ansbaldus en fut réinvesti par le gage que lui remit Salomon 2. Le prince breton les tenait évidemment en'son indominicatnm et c'est ainsi qu'il a pu les rendre effectivement.
Les Robert iniens, quand ils ont saisi la couronne, remettent aussi parfois une église en possession de biens passés en leurs mains, dont les Carolingiens avaient pu rendre à cette église la propriété, mais non la jouissance. C'est ainsi, semble-t-il, qu'il faut interpréter les documents qui concernent la villa de Tillenay. Charles le Chauve a restitué à l'église d'Autun, en 860, cette villa que des méchants lui avaient autrefois ravie, afin qu'elle en jouisse comme des autres biens qui lui ont été donnés ou rendus3. A la connaissance du pape Jean VIII, qui, en 876, confirme à l'église la propriété du domaine 4, des méchants l'avaient retenu longtemps et en avaient fait en quelque sorte leur propriété 5. En 892, la villa est aux mains du roi Robert et on la regardait comme une propriété de sa famille 6 ; mais il confesse que le bien a été usurpé par ses ancêtres 7 et le rend avec le consentement de son frère. Peut-