NÉGOCIATIONS AVEC LES BÉNÉFICIERS
pereur de restituer les domaines à l'évêque1. Un très grand nombre de diplômes, sans exposer comme ceux-là les motifs qui ont déterminé les bénéficiers à demander au roi de vouloir bien les dépouiller, spécifient que la restitution est faite à la prière 2, à l'intervention 3 du bénéficier. Souvent aussi, un bien d'église incorporé à un comté est restitué au légitime propriétaire, à la demande du personnage qui détient le bénéfice comtal 4. De même que le roi a couvert bien des spoliations entreprises par ses fidèles, il est en fait souvent simple intermédiaire dans les réparations qu'ils effectuent.
Ces restitutions royales sont souvent l'effet de négociations poursuivies entre le prélat et le bénéficier, auxquelles le roi est étranger. Quand les deux parties se sont mises d'accord, elles se présentent devant le souverain pour le prier de restituer le bien. Le 25 mars 900, l'évêque de Châlons, Mancion, et le comte Alédrannus ont comparu devant Charles le Simple et l'ont sollicité de rendre et de confirmer à l'église de Châlons des biens enlevés à celle-ci et joints aux comtés du dit Alédrannus 5.
1. : « pertractans casum humane fragilitatis et pavescens ultimum vocationis diem, timensque ne prefata villa aliquo cupiditatis suae stimule» et (vel) quolibet iugenio a jure praescriptae matris aecclesiae alieuata iïeret, ideoque divino fervens amore, adiit clementiam nostram suppliciter deprecans ut memoratam villani.. partibus praedictae Cenomaiinicae sedis aecclesiae et Aldrico... redderemus » (22 mars, 17 et 23 avril 838, 16 nov. 839, Gesta Aldrici, 120, 198, 175-6, 193).
2. Le 22 déc. 825, Pépin I d'Aquitaine rend, à la prière du comte Bernard, aux moines de Saint-Maixent la villa quam ipse Bernardus in bénéficie habuit » (HF , VI, 664). Pépin II rend Brassac aux moines de Saint-Martin de Vertou, « rogaute Landrico qui his rébus eatenus beneficiatus fuerat » (Mirac. s. Mari., 9, SS merov., III, 574). Le comte Abbon a prié Louis le. Pieux de rendre à Saint-Maurice de Vienne le viens d'F.paone qu'il tenait en bénéfice de sa largesse (3 mars 831, HF, VI, 570-1). Lothaire I rend aux moines de Saint-Denis Saint-Mihiel et la Valteline, à la prière d'Hilduin et à celle du comte Matfroi qui les avait en bénéfice '21 oct. 843 suspect et 3 jmv. 848, Tardif. Mou. hist., 168-9, P- 106-7; cf, fasc. i, Les étapes de la sêcular . 173). Le comte Gérard a prié Charles de Provence de restituer à l'église de Vienne des biens que Lothaire I lui avait cédés en bénéfice (Baluze, Cap., II, 1469).
3. Le 20 jaiiv. 912, Charles le Simple rend à l'église de Toul l'abbaye de Bonmoutier, « interventione illius qui jam dictam abbatiam usu beneficiario ex nobis possidebat <> (HF, IX, 515).
4. Des biens réunis au comté d'Autun et qui acquittent double dîme sont rendus par Louis le Bègue, à la prière du comte d'Autun, Thierry, et par Carloman.à la prière du comte Richard (23 janv. 879, 30 nov. 880, Cart. égl. Aittun, 13, I, 21 ; 2° P., 2, p. 87). Le comte Gérard a demandé à Charles de Provence de restituer à l'église de Viviers un bien du comté (22 déc. 862, HT-, II, Pr. 162, col. 336). De même, le comte Charles a prié son père,'Louis l'Aveugle, de rendre à l'église de Vienne un bien affecté aux usages comtaux (Dipl. de 927, Gall. christ., XVI, Instr., col. 15 ; cf. plus haut, p. 237, n. 1). Les biens rendus à la prière des comtes, signalés dans les n. précéd., font peut-être aussi partie du bénéfice comtal,
5. 25 mars 900 : « suggerente et suadente Mancione..., accesserunt paritei ad serenitatem nostram idem episcopus et illuster cornes Alédrannus supplicantes ut quasdam res jam dicte ecclesie quondam subtractas et comitatibus ejus... sociatas, cidem matri ecclesie restitueremus et precepto nostre auctoritatis confirmaremus » (Cart. chap. Châlons, ri.