De villa Novil., SS, XV
3. Louis le Pieux a puni Donat de sa défection en lui retirant la villa de Neùilly, qu'il a cédée en bénéfice à Athon (loc. cit.). De même, quand Landrade eut été évincée, la villa, donnée aux moines d'Orbais, fut cédée en" bénéfice à Rbthaus.
4. Dans une charte de 837, Aldric du Mans parle de biens rendus à son église par Louis le Pieux, « quas vassi dominici per ejus beneficium tenebant » ( Gesta
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accomplie avec succès dans de telles conditions par des Carolingiens *. Si parfois peut-être pour satisfaire le clergé, ils essayèrent cette difficile opération, elle aboutit à un échec 2.
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Aldrici, 80). Un diplôme du 8 janv. 833 rend une villa, « quae... moderno tempore ab Heremberto vasallo nostro in beneficium data possideretur » (p. 31). En 840, l'empereur restitue « bénéficia quinque vasallorum nostrorum » (p. .53). Encore n'est-il dit nullement que ces biens ont été rendus du vivant des bénéficiers et malgré eux ^oir au sujet du bénéfice d'Hérembertus et des bénéfices des cinq vassaux, plus haut, p. 365-6 ; p. 350, n. 1 ; p. 344). Seules pourtant, des formules semblables permettraient à la rigueur d'admettre que les bénéficiers ont été dépouillés en vue de la restitution.
1. En Germanie, sous les Ottons, il n'est pas sans exemple que des biens d'église détenus par des bénéficiers soient rendus du vivant de ces derniers et sans qu'il soit fait mention de leur consentement. L'abbé de Saint-Maximin de Trêves avait demandé à Otton I restitution de biens enlevés depuis très longtemps et injustement cédés en bénéfice. Otton I n'avait pu l'écouter. En 973, Otton II exauce cette prière et restitue des biens que tenaient jusqu'alors en bénéfice Rupert, archevêque de Mayence, qui ne mourut que deux ans plus tard et les milites de ce prélat (27 août 973, DD regum Germ., II, 57, p. 67-8). Encore est-il permis de soupçonner qu'Otton I n'avait pu opérer cette restitution parce que les occupants refusaient de s'y prêter. Peut-être, bien que le diplôme n'en dise rien, les bénéficiers ont-ils, au temps d'Otton II, marqué de meilleures dispositions et consenti à la restitution. Bien souvent, les Ottons ont prononcé des restitutions de biens précédemment tenus en bénéfice. En 966, Otton I rend aux moines de Saint-Maximin une villa qui avait été donnée en bénéfice par ses prédécesseurs (7 janv. 966, I, 314, p. 428). Le 26 février 950, il rend aux moines de Wissembourg des hommes donnés à l'autel de Saint- Pierre et qui en ont été injustement enlevés et pendant longtemps cédés en bénéfice (121, p. 203). Il ordonne « ut nec regia potestas nec ulla alia... persona... aliquem illorum in beneficium vertere présumât» (p. 204). Otton II a restitué aux moines de Stavelot, le 3 mars 975, un domaine qui avait, été distribué en bénéfices par diverses gens et ainsi soustrait depuis longtemps. Il est interdit aux empereurs, rois et à toute autre personne d'en priver les religieux et d'en faire des bénéfices (97, II, ni). Ces restitutions ont-elles remis l'église propriétaire en jouissance du bien, ou lui en ont-elles seulement reconnu la propriété ? Si, comme il semble, le bien jusque là tenu en bénéfice est rentré dans Vindominicatum ecclésiastique, on ne sait si le roi n'a pas profité de la mort des occupants ou s'il n'a pas simplement prononcé une restitution consentie par eux. Flodoard nous apprend que le roi Conrad a rendu au miss us de Saint- Rémi de Reims les biens qu'avait enlevés le comte Werner de sa seule autorité, comme il semble. Mais l'agent des moines confia les biens ainsi recouvrés à l'évêque de Mayence, qui avait soutenu en cette affaire les intérêts du saint. L'archevêque de Reims, Hervé, se contenta de percevoir les cens et son successeur Artaud confia les mêmes- biens an duc Conrad, qui les céda à l'un de ses hommes (Hist., I, 20, p. 437). L'autorité royale a rendu à l'église son droit de propriété ; mais la jouissance du bien a passé des mains du ravisseur en celles d'un précariste reconnu par l'église. C'est grâce à l'évêque de Mayence et à son profit, que les gens du comte Werner ont été dépouillés. Les rois de Germanie, si puissants qu'ils fussent, n'avaient guère le moyeu d'opérer la restitution aux dépens des bénéficiers ou des usurpateurs. Ils semblent s'en être tenus plusieurs fois à un moyen terme qui consistait à ne remettre aux moines que la jouissance des églises sises dans les domaines tenus en bénéfice. Le 27 févr. 950, Otton I rend aux moines de Saint-Maximin de Trêves les églises des bénéfices avec leurs dîmes, leur dos, les serfs qui en dépendent (I, 122, p. 204 ; cf. 10 mars 956, 179, p. 261). En 993, Otton III restitue aux moines d'Echternach toutes églises leur appartenant, qu'elles aient été concédées par le roi en bénéfice ou usurpées par des méchants (plus haut, p. 220, n. 3). L'empereur ne peut dépouiller les bénéficiers de l'abbaye, mais il les oblige à céder au moins les églises à la mense des moines.
2. Il en fut ainsi de la tentative faite par Zwentibold pour rendre à l'évêché de Trêves l'abbaye de Saint-Servais enlevée par violence : « Ragnerus pridem cornes