‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 837 sur 1164 · PORTION RECOUVRÉE DES BIENS SPOLIÉS · texte numérisé non relu

PORTION RECOUVRÉE DES BIENS SPOLIÉS

dixième de ceux qu'elle croyait pouvoir réclamer 1. Il est bien douteux que, sous Charles le Chauve et ses successeurs, l'évêché ait obtenu plus de restitutions que sous Louis le Pieux, dont Aldric était le favori. Hincmar, archevêque de Reims, était fort des promesses de restitution intégrale que le roi lui avait faites au jour de son élection. Il n'est rentré pourtant en possession que d'une médiocre partie des domaines ravi? à son église 2. On a vu que les souverains déclarent parfois expressément ne rendre qu'une portion des biens, en laissant espérer pour plus tard une restitution complète qui n'a jamais été effectuée3.

Restitution intégrale n'a été accordée à aucune église ; les mieux partagées n'ont pu bénéficier que d'une série de restitutions échelonnées sur toute l'étendue des VIIIe, IXe et Xe siècles. Rarement, plusieurs bénéfices sont groupés dans un même acte de restitution; le plus souvent.il est besoin d'un diplôme spécial pour chaque domaine ou pour chaque lot de domaines constituant un bénéfice. Une église ne demande et n'obtient qu'une à une les satisfactions souhaitées. Jamais la somme n'est égale à l'étendue des pertes et, tandis que se poursuit lentement l'œuvre de la restauiation du temporel ecclésiastique, d'autres sécularisations y pratiquent de nouvelles brèches.

Ce n'est pas à l'échelle des pertes subies par les églises que se mesure l'étendue des restitutions prononcées par les rois en leur faveur. Il s'en faut, au reste, que toutes aient procuré au clergé la jouissance paisible qui lui paraissait promise par elles. Même au cas où le souverain décide que consignation sera faite du bien aux mains du représentant de l'église, l'ordre n'est pas toujours exécuté. L'a-t-il été, la jouissance rendue à l'église a parfois un caractère singulièrement précaire et fragile.

i. Lors de la promotion d' Aldric à l'évêché du Mans, le clergé de cette église croyait pouvoir réclamer 20 monastères, 5 cellaeetle tiers de 3 autres, 16 vici publ'c, 60 villae et le pagus d'Ardin (Dipl. faux du 31 déc. 832, Gesta Aldrici, 35-42 ; cf. plus haut, p. 274). Or le faux diplôme du 20 février 840, confirmant toute6 les restitutions faites depuis lors par Louis le Pieux, ne signale que deux monastères, un viens publions, 6 villae, plus les bénéfices de 5 vassaux. Encore est-il fort douteux que les deux monastères signalés (Saint-Calais et Notre-Dame) aient été vraiment restitués. Louis le Pieux en avait rendu, il est vrai, trois autres, le 29 déc. 832 (p. 28- 29), et il avait restitué la villa de Bérus (Charte d' Aldric de 837, p. 90), que ne signale pas non plus le faux diplôme du 31 déc. 832. Peut-être appartenait-elle aux bénéfices des cinq vassaux. Les diplômes authentiques de Louis le Pieux signalent la restitution de cinq villae, parmi celles que mentionne le faux diplôme, ainsi que des bénéfices des cinq vassaux.

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