AGGRAVATION ET EXEMPTION DES CHARGES
parce qu'il en a reçu Yepiscopatus ou Yabbatia, qu'il est tenu vis à vis du roi à de tels services.
D'autre part, l'église, à titre de personne morale et en raison même de son caractère religieux, est mise à contribution plus largement et d'une autre manière qu'un simple propriétaire laïque. Sur elle le souverain s'est arrogé des droits qui l'autorisent, lui semble-t-il, à réclamer d'elle des services exceptionnels. L'évêché et l'abbaye lui appartiennent, constituent son beneficium que tiendront de lui les titulaires, forment une portion et non la moindre de son regnum. Comme les domaines de son fisc doivent le nourrir, lui et les gens de son palais, ainsi les ressources de l'église seront-elles mises à la disposition du roi, s'il lui plaît d'en devenir l'hôte, ou si son trésor est à secj
Mais, en même temps que la pénurie de leurs ressources oblige les rois Carolingiens à exploiter de plus en plus leurs églises, leur piété s'ingénie à les favoriser de privilèges et d'exemptions. Le caractère religieux, qui tend à aggraver les charges de l'établissement, contribue d'autre part à les alléger. La faveur dont jouit un prélat fidèle rejaillit sur son église. S'il lui fait supporter l'aide qu'il doit à son seigneur, grâce à son crédit personnel ou par les mérites des saints auxquels elle est dédiée et dont elle abrite le tombeau, il s'efforce d'obtenir pour elle des privilèges qui exonèrent l'église et par suite le prélat. Quelle que soit d'ailleurs la portée des franchises dont elle est ainsi favorisée, une bonne part de ses revenus restera consacrée, sous forme de charges publiques, aux dépenses du souverain.
Inconnues pour la plupart à l'époque mérovingienne, ces obligations sont imposées aux églises dès le temps des premiers Carolingiens. Sitôt qu'il est passé en coutume qu'un don du roi confère l'évêché, l'abbaye, à mesure que les évêques et les abbés deviennent ses fidèles, que les églises autonomes prennent la condition d'églises royales, prélats et églises se trouvent assujettis à des services et à des charges qui marquent leurdépendance étroite à l'égard du senior et du propriétaire. Quand une tradition d'âge antérieur autorise l'une des charges supportées par les églises, celle-ci prend un développement si considérable qu'il semble une contribution nouvelle. Tel est en particulier l'usage que les Carolingiens ont fait des habitudes d'hospitalité, dont plus ou moins librement, les églises acceptaient précédemment le poids.
Conformément à une coutume de l'époque mérovingienne l, les monastères en raison de l'isolement et de la clôture qui
i. Cf. La propr. e celés, aux époques rom. et mérov., 390 et suiv.