‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 85 sur 1164 · A AGDE, A13TUN, ETC · texte numérisé non relu

A AGDE, A13TUN, ETC

les allusions faites dans les diplômes des rois du IXe siècle aux sécularisations ordonnées par leurs prédécesseurs. Suivant un diplôme d'ailleurs suspect, Charles le Chauve restitue à l'église d'Agde une portion des biens que ses devanciers avaient autrefois distribués à leurs fidèles 1. Au cours du IXe siècle, les souverains rendent à l'église d'Autun des biens qui jadis lui avaient été enlevés par des prédécesseurs criminels 2. Il est dit à cette époque de maintes églises des pays francs : Metz, Toul, Verdun 3, Langres, Lyon 4, Vienne 5,

i. Dipl. suspect (cf. F. Lot, Le règne de Charles le Chauve, n. 5 de la p. 196) du 11 août 848 : « tertiam partem rerum quaecumque ab ea ecclesia quondam magnifici antecessores nostri abstulerant, ad communem suorura nostrorumque fidelium utilitatem » (H F, vm, 496).

2. : « quae olim a pravis antecessoribus nostris ab episcopatu sublata fuerat et comitatui sociata » (Dipl. de Louis le Bègue, 23 janv. 879, de Charmasse, Cart. de l'église d'Autun, 13, 1, 21 ; de Carloman, 30 nov. 880, 2e P, 2, p. 87). C'est évidemment aussi en ces temps .anciens (olim) que furent enlevés les biens rendus par Charles le Chauve (13 oct. 860, 1, 15, p. 24 ; 29 avril 861, 8, p. 12) et le monastère de Couches « dudum ab ipsa sede subtractum » dont il confirme le 5 juill. 8431a restitution faite par son père (HF, vin, 444). La charte de l'évêque Hervé (23 avril 920, de Charmasse, 1, 43, p. 69) signale aussi la restitution d'autres biens enlevés olim à son église.

3. Charte d'Advence, évêque de Metz, 863 : « monasteria et predia ad... martyris Stephani aram aspicientia, que olim distracta fuerant, post transitum Drogonis... in suo statu restituimus » (d'Herbomez, Cari, de Gorze, 60, p. 107). En 885, Charles le Gros rend à Saint-Etienne de Toul « villam quae quondam illius fuerat » et qu'avait détenue l'un de ses vassaux (HF, ix, 338). Entre 819 et 830, on se plaignait que des biens de la même église aient été enlevés «dudum» (plus haut, p. 72,n.i). Suivant l'hypothèse de M. K. Voigt (Die Karol. Klosterpolitik, 16), des sécularisations du même temps expliqueraient que l'église ait acquis de Charlemagne le monastère d'Enfonve"»le (Gesta episc. Tull., 24, SS, vin, 637) et par les soins de l'évêque Lugdelmus (895-906) celui de Saint-Pientius (Gcsta, 29^.638), alors que ces monastères avaient été donnés déjà à l'église avant l'époque carolingienne ( Gesta, 14 et 22, p. 635 et 637.). Cet érudit croit aussi reconnaître la trace des sécularisations qui auraient distrait dans le même temps de l'évêché de Toul les monastères de Bonmoutier, Saint-Dié et Etival. A l'évêque de Verdun, Dadon, en 882, Charles le Gros restitua « Tilliacum fiscum, qui fuerat antea de ista aecclesia » (Gesta episc. Virdun., 21, SS, iv, 45).

4. Le 28 août 885 et 15 janvier 887, Charles le Gros rend à l'évêché de Langres les abbayes de Réomé et de Saint-Seine, enlevées par la violence de certains princes (HF,ïx, 344-5). On a vu plus haut(p.i9,n.ietp.2i) queBèze a été donné à une femme lorsque Pépin eût attribué à son frère le temporel de l'église de Langres. Le monastère fut restitué à l'église remise aux mains d'évêques légitimes. Réomé et Saint- Seine ont pu être soustraits à l'évêché en même temps que le monastère de Bèze, c'est-à-dire sous Pépin ou un peu plus tard sous Charlemagne. Un diplôme de Charles de Provence restitue à l'église de Lyon trois villae « multis jam annis injuste exinde ablatae» (HF, vin, 399). Les biens restitués par Lothaire et Charles le Chauve ont été soustraits, soit en leur temps, soit avant leur règne (cf. plus loin,chap.VIII §1).

5. Louis le Pieux restitue, le 19 janv. 815, la cellula de Saint-Symphorien « olim exinde abstractam » (H F, vi, 474); le 20 déc, des biens « quae olim abstractae erant » (p. 486). Lothaire rend, le 22 oct. 843, une villa enlevée sous les prédécesseurs de l'archevêque Agilmarus (HF, vin, 379). Un diplôme de Charles de Provence restitue à la même église des villae et des églises « prisco jam tempore, mundiali praeveniente cupiditate, subtractae... et quibusdam laicis hominibus sub in... temeritate beneficiatae » (H F, vin, 397). Comme parmi ces laïques se trouve le

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