CHAPITRE XV Les contributions des églises
i. — Les dons annuels
En vertu d'un usage qui s'établit dès le temps de Pépin, et qu'une décision du premier roi Carolingien impose expressément aux monastères, le clergé et les religieux doivent offrir à leur souverain des présents, qui constituent pour les églises une charge toujours onéreuse et parfois écrasante.
Chaque fois qu'un évêque, qu'un abbé se rencontre avec le monarque, il lui fait hommage de quelque objet de prix. Se rend-il au palais pour se disculper ou pour solliciter une faveur, le prélat n'y entrera pas les mains vides. L'abbé de Saint-Sauveur de Redon, Conwoion, qui vient trouver l'empereur Louis à Tours, se préparait à déposer à ses pieds des présents, quand l'empereur courroucé lui ordonna deseretirer. Il n'eut plus qu'à faire vendre au marché la provision de cire qu'il avait apportée pour l'offrir au monarque 1.
Quand le roi visite un sanctuaire, l'abbé, l'évêque du lieu lui présente des témoignages sensibles de sa joie et de sa fidélité. En 818, à l'heure où Louis le Pieux se met en route pour Saint-Denis, le puissant abbé Hilduin est là qui lui prépare des présents. L'évêque d'Orléans, Jonas, vient à sa rencontre au seuil de Sainte-Croix pour lui rendre ce qui lui est dû. A Saint-Aignan, l'abbé Durand s'empresse auprès de l'empereur et lui remet des offrandes dignes de lui. A son arrivée à Saint-Martin de Tours, Fridugise lui apporte des présents magnifiques. Hélisachar, à Saint-Aubin d'Angers, accumulait les richesses pour lui en faire hommage 2. L'empereur passant, le 18 novembre 836, à Coblenz, reçoit de l'archevêque de Trêves, Hetti, d'innombrables présents 3. De