DONS EXTRAORDINAIRES ET DONS ANNUELS
même quand, en 893, le roi Arnoul visitait les cités du royaume de Lothaire, au cours de ce voyage, de grands dons lui furent offerts par les évêques 1. Le clergé et les moines adressaient aussi au roi des présents lors des grandes fêtes religieuses. Paschase Radbert pense que de toutes parts, la fête prochaine de Pâques fera, comme il convient, affluer au palais des offrandes de toutes sortes et il s'excuse de ne pouvoir présenter pour son compte que le modeste ouvrage sorti de sa plume2. Un revers éprouvé par le monarque et qui le laisse sans ressources oblige ses évêques et ses abbés à lui prêter une assistance exceptionnelle. Quand la nouvelle du sensible échec infligé à Charles le Chauve à Ballon par les Bretons parvint au monastère de Ferrières, Loup compatit vivement, écrit-il, à la douleur de son maître. Du moins, le monarque a échappé à l'ennemi et l'abbé s'en réjouit au-delà de toute expression. Aussi a-t-il envoyé, pour les faire offrir parle chancelier, tous les présents qu'il a pu assembler. Tout ce qu'il a trouvé a été fidèlement envoyé ; il ne lui reste plus rien 3.
Les présents dont les prélats font hommage, à l'occasion soit d'une visite qu'ils rendent au palais, soit de l'hospitalité qu'ils offrent au roi, d'une solennité qui le réjouit ou d'une calamité qui l'éprouve, ne les dispensaient sans doute pas de présenter au plaid les dons annuels 4. Parfois, un ordre du roi adressé aux recteurs des églises détermine le lieu et l'époque où ils devront, à défaut du plaid, faire parvenir leurs présents. Charlemagne écrit à Fulrad, abbé de Saint-Quentin, pour lui commander d'envoyer au mois de mai, à l'endroit où l'empereur se trouvera, les dons qu'il doit présenter lors du plaid impérial 5. En 845, Loup de Ferrières s'informe de ce qu'il