‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 902 sur 1164 · AIDE FONCIÈRE DE · texte numérisé non relu

AIDE FONCIÈRE DE

en 877, pour satisfaire les Normands de la Seine et de la Loire . lève un tribut dans tous les territoires sis entre la Meuse et la Loire 1, la contribution est établie à la fois sur le manse dominical et sur les diverses tenures. Pour Y indominicatum de chaque domaine la contribution est d'un sou. Les tenures des tenanciers sont frappées d'une double taxe. La première e»t prélevée sur le cens payé au maître par le manant ; elle atteint par conséquent encore le grand propriétaire ; la seconde est perçue sur l'avoir des tenanciers. Chacune des deux taxes monte à quatre deniers si le manse est ingénuile, à deux deniers si la tenure est seivile 2.

Les textes qui concernent le tribut de 877 sont tous d'accord au sujet de l'assiette de la taxe, établie à la fois sur Yindominicatum du maître et sur les manses des tenanciers ; mais ils désignent des catégories plus ou moins étendues de contribuables. L'une des rédactions conservée? d'un règlement qui. suivant l'énoncé du titre, fut fait le 7 mai 877 à Compiègne 3, assujettit seulement à cette contribution l'évêque, l'abbé ou le comte pourvu d'une abbaye ; le titulaire de l'abbaye payera douze deniers par manse dominical des domaines monastiques, de ceux dont il jouit et de ceux qui sont abandonnés en bénéfice à un vassal 4. L'autre rédaction du règlement met cette

1. La forme B de Yedictum Compendiense marque que la taxe établie pour payer le tribut aux Normands de la Seine est perçue « de aliqua sed non de tota parte regni, quod domnus imperator Karolus habuit antequam junior Hlotharius defunctus fuisset » {Cap., II, 354). Suivant Hincmar, au plaid de Quierzy en juin, on décida « quomodo tributum de parte regni Franciae quam an te mortem Hlotharii habuit, sed et de Burgundia exigeretur » (Ann. Bertin., 135). La Lorraine est exclue par les deux documents. Il s'agit exclusivement de la Francia et de la Burgundia et seulement de la partie de la Francia qui n'avait pas appartenu à Lothaire. L'Aquitaine, qui constitue un regnum distinct, échappe par conséquent, comme la Lorraine, à Vexactio décrétée à Compiègne ou à Quierzy. Le tribut payé aux Normands de la Seine fut de 5.000 livres d'argent, mais les évêques et tous ceux qui habitaient en Neustrie au sud de la Seine acquittèrent le tribut en faveur des Normands de la Loire {Ann. Bertin.). La somme de 5.000 livres a<été fournie par la région sise entre la Meuse et la Seine. Les pays de Neustrie entre Seine et Loire ont acquitté un tribut, dont le montant n'est pas connu, vis à vis d'une autre bande de Normands. Si l'Aquitaine a payé semblablement tribut à ceux de la Loire, mention n'en est pas faite. Il n'y a aucune raison d'admettre avec M. Vogel (p. 255) que la Neustrie a pu être taxée deux fois, en faveur des Normands de la Seine et de ceux de la Loire.

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