‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 907 sur 1164 · LE TRIBUT NORMAND ET LE TRÉSOR DES ÉGLISES · texte numérisé non relu

LE TRIBUT NORMAND ET LE TRÉSOR DES ÉGLISES

mis à contribution par les rois, soit dans le même temps où ils perçoivent d'autres taxes, soit en complément d'aides dont le rendement s'est trouvé insuffisant, soit même que la royaué s'en tienne à ce mode expéditif pour se procurer les ressources nécessaires. En 860, Charles le Chauve ordonne une exactio aux dépens à la lois du trésor des églises, de la classe des tenanciers et de celle des marchands l. Il semble qu'en 866, les diverses taxes combinées pour répartir l'impôt sur tous les contribuables, aient suffi pour faire les quatre mille livres d'argent exigées par les Normands. Mais en 877, bien que dans les tractations du roi avec ses fidèles il n'ait pas été question de prélèvement sur le trésor des églises, on y recourut aussi, au témoignage d'Hincmar 2, probablement après coup, pour faire l'appoint à une perception déficitaire des taxes établies d'abord. Chaque église dut contribuer de son trésor au prorata de ses ressources ; à ce prix seulement, on obtint les cinq mille livres dont on avait besoin pour satisfaire l'avidité des Normands. L'annaliste de Saint-Vaast fait allusion sans doute à une violence subie par le clergé et les moines, quand il écrit qu'après l'accord passé avec les païens, les églises ont été spoliées 3. En 884, pour payer aux Normands la rançon qu'ils exigeaient de douze mille livres d'argent, il fallut encore dépouiller à la fois les églises et les serfs ecclésiastiques 4. Quelquefois, n'ayant peut-être pas le temps de répartir la charge sur toutes les églises, le roi puise simplement dans les coffres de celles qui sont à proximité. En 882, Charles le Gros traitant avec des Normands leur donna plusieurs milliers de livres d'aigent et d'or, qu'il enleva du trésor de Saint-Étienne de Metz et. d'autres lieux saints 5.

Au Xe siècle, un tribut est levé aussi à plusieurs reprises en

introduites après 881, on ne lirait pas au même article p. 268) qu'il faut rechercher ce qui a été détruit par les Normands « tempore avi nostri Karoli et domni genitoris nostri Hludowici ». Cette leçon date évidemment du règne de Charles le Chauve et peut appartenir par conséquent au texte authentique du capitulaire, d'où ont été retranchées, dans une autre famille de manuscrits, les allusions aux Normands qui n'avaient qu'un intérêt de circonstance. M. Joranson en conclut (p. 43) qu'en 853, le roi a payé tribut aux Normands et que les églises en ont fait soit tous les frais, soit la part principale. Ce texte, nous semble-t-il, a une portée plus générale et s'applique à toute rançon payée par les églises aux Normands avant la promulgation de ce capitulaire.

Page 1