‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 908 sur 1164 · LES ÉGLISES PAYENT LA PLUS FORTE PART · texte numérisé non relu

LES ÉGLISES PAYENT LA PLUS FORTE PART

vue d'acheter la paix aux Normands1 ; nous ne savons ni quelle fut l'assiette de cette contribution, ni dans quelle mesure elle fut supportée parles églises, qui bien certainement ne furent pas épargnées.

On estimait, sans doute, que plus spécialement menacés par les dévastateurs païens, les établissements ecclésiastiques et monastiques devaient acquitter la plus forte part de la rançon. En fait, bien que l'impôt normand fût exigible d'autres contribuables que les églises, c'étaient celles-ci qui supportaient à peu près toute la charge. Quand une taxe avait été acceptée par les fidèles, solennellement promulguée au plaid, il restait à la percevoir. Les moyens de contrainte manquaient à la royauté carolingienne, puisqu'ils consistaient uniquement à faire agir les fidèles, ceux-là même qu'il s'agissait de faire payer. La loi était générale ; mais vraisemblablement, la plupart des grands laïques s'y dérobaient ; le clergé et les moines étaient presque seuls à obéir. Quand ils avaient acquitté leur part, comme les autres contribuables l'ont fait peu ou point, le montant du tribut n'étant pas atteint, on demandait aux gens d'église de payer une seconde fois ou sous une seconde forme. Finalement, on s'adressait au trésor des églises, au scandale des annalistes qui dénoncent la spoliation.

i. Les Annales de Flodoard signalent simplement qu'en 924, « fit exactio per Franciam pecuniae collaticiae, quae Normannis pacte paeis daretur » (éd. Lauer, p. 19). En 926, elle fut faite < per Franciam atque Burgundiam » (p. 34). En 934, le roi Raoul « exactionem pecuniae collatitiae fieri exactoribus indixit, quae hostibus in pacis pacto conferretur » (Richer, Hist., I, 48, SS, III, 582)

Page 1