I. — Le service du palais
Le service (servitium, obsequium, oboedientia) , que doivent les prélats des églises, s'entend de toutes les charges que leur imposent les intérêts du prince et de l'État. Ils s'en acquittent déjà en offrant l'hospitalité au souverain et à ses missi, en lui envoyant des présents 1, en exécutant les travaux qu'il commande. C'est plus expressément le service du roi qui oblige les prélats à s'éloigner de leur église et à quitter leurs affaires pour s'employer à celles de leur maître 2. Le terme s'applique à leurs obligations militaires ; il désigne souvent à la fois le devoir de l'ost et les nombreux voyages pacifiques que doit entreprendre un prélat. Le service domestique du prince, la fréquentation du palais, les fonctions et missions dont il charge les prélats, ses fidèles, constituent essentiellement leur servitium 3.
Le premier devoir qui s'impose aux recteurs des églises vis à vis de leur souverain est celui de la présence. C'est parfois spontanément qu'ils se rendent auprès du roi pour lui marquer leur fidélité ou pour traiter une affaire qui les intéresse 4.
i. Les offrandes volontaires et eulogies présentées par le prêtre à son seigneur et en particulier par le chapelain des villae royales au souverain, sont dites servitium , obsequium debitum (cf. ph:s haut, p. 415, n. 4).
2. Le dipl. suspect de Charles le Chauve du 25 sept. 855 stipule que, outre le servitium, l'abbé de Fleury devra les annua doua des vassaux (Prou, Vidier, 22, p. .ïi) ; le servitium est ici bien distingué des contributions.
3. Le servitium est quelquefois distingué du service militaire et s'entend du service domestique (« hommes... quos nobiscum vel ad servitium nostrum domi remaneie jussimus, in exercitum ire non compellantur », Cap. de exercitu, 80S, 9, I, 138), <>u de missions remplies au loin pour le compte du roi (un comte est autorisé à prêter serment, attendu qu'il n'a pu le faire au plaid tenu dans le pays « propter nostrum servitium sibi constitutum », Resp. missis data, 826, 4, p. 314).
4. Benoît d'Aniane est allé présenter sa défense au palais de Charlemagne (ci fasc. 1, Les étapes de la sécular., 136).