‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 910 sur 1164 · CONVOCATION AU PLAID, AU SYNODE, AU PALAIS · texte numérisé non relu

CONVOCATION AU PLAID, AU SYNODE, AU PALAIS

Souvent aussi, ils obéissent à un ordre 1. Le souverain les convoque personnellement 2 à un plaid 3, à un synode 4. Même lorsqu'il n'a provoqué aucune réunion de ce genre, le roi paraît toujours entouré d'un bon nombre d'évêques et d'abbés 5. Se tenir auprès du roi dans sa chapelle et demeurer attaché à son service familier, c'est un devoir qui, au IXe siècle et encore au Xe, s'impose à tout prélat fidèle 6. Les évêques ne

i. Alcuini cp. 150, à Arn, archevêque de Salzbourg : > si rex vos jubeat in palatin stare » (IV, 246) ; Hincmari ep. 11 : «mandatusadomnonostro... Carolo rege glorioso. obviamillieunti ad colloquium fratris sui Ludovici... ad Métis civitatem, quo secum me duxit, ad palatium ejus, quod Salmontiacus dicitur... veniens » (Migne, CXXVI. 76). Boson, abbé de Saint-Benoît, « palatium evocatus adierat » (M trac. s. Bened., I, 28, éd. de Certain, 63). Parfois de simples moines ont ordre de se rendre au palais avec leur abbé. Le frère d'Adalhard, moine à Lérins, a reçu l'ordre de se présenter avec son abbé au palais de Charlemagne (Alcuini cp., 220, p. 364).

2. Le prélat ne se rend qu'à l'assemblée où le roi l'a l'ait appeler et il n'est pas convoqué à toutes. Loup de Ferrières écrit : « Ouoniam ad conventum non evocatus nolui me ultro ingerere 1 (Ep. 70, VI, 71).

3. Loup de Ferrières a reçu une lettre de Marcward à Faremoutier, comme il partait pour le placitwn générale (105, p. 91). Il conseille aux moines de Saint- Amand de ne pas se dérober à l'ordre de paraître au plaid convoqué à Bonneuil : 1 Sacris enim régis obniti, praesertim hoc tempore, periculosum existimo » (18; p. 25). Dans une autre lettre, il déclare ne vouloir, sous aucun prétexte, manquer au plaid : a ita ut nec desimus placito » (113, p. 97). Se rendre au plaid, c'est remplir Vobscquium dû au prince : « convenientibus in unum Aquis palatii in ejus obsequio venerabilibus episcopis et abbatibus seu comitibus » (Cap. Saxon., 1, Cap., I, 71). Les évêques et abbés, comme les comtes, doivent aussi, s'ils ne sont pas dispensés par un ordre du roi ou par la maladie, se rendre aux plaids tenus par les missi (Cap. miss., 819, 28, p. 291). Au plaid général, il se tient, en dehors des assemblées plénières le matin, une réunion des grands laïques et une autre purement ecclésiastique, où paraissent « omnes episcopi, abbates vel hujusmodi honorifîcentiores clerici 1 (De online palatii, 35, Cap., II, 529).

4. Conc. Duziac, Acta syiwdi, 4 : « Tune rex surgens synodo dixit... : Regib litteris more praecessorum meorum Hincmarum Laudunensem episcopum ad hanc synodum convocavi » (Mansi, XVI, 662) ; Flodoard, Hist., III, 23 : < episcopis ad -inodum Suessionis ex jussione régis Ludowici Transrenensis convenientibus » (SS XIII, 534). Des synodes de la province de. Reims ont été convoqués aux palais de Verberie et de Servais (Hincmari ep., Migne, CXXVI 512) ; un synode est tenu au palais de Ouierzy De praedestin., 2, CXXV, 85).

5. Hincmar, LV Cap., Praef. : « Nuper... apud Gundulfi villam in obsequio domni nostri régis cum plurimis archiepiscopis et episcopis... fuimus » (Migne, CXXVI. 290). L'archevc-que a remis ses Quaterniones à l'évêque de Laon « in Attiniaco palatin coram archiepiscopis et episcopis qui affuerunt » (Lib. exspost., 17, col. 586). 11 a présenté à Charles le Chauve une supplique devant cinq collègues ! Lettre à Hincmar de Laon, col. 495). En 867, venu sur l'ordre du roi au palais de Samoussy, il y a été rejoint par Rothade de Soissons, Hincmar de Laon et y a reçu des mains d'Égilon de Sens une lettre de Nicolas I (ep. n, col. 76).

6. Telle est la stipulation du diplôme faux de Charles le Chauve du 24 janv. 858 pour Montiérender : « Abba quoque vel rector monasterii in capella nostra episcopis et abbatibus nostris adhaereat et nobis familiariter deserviat, ita tamen ut vitae suaeregulam non excédât «(M.Prou, Undipl. faux de Charles le Chauve pourMontieren-Der, p. 33-4). Le faussaire qui a fabriqué cette pièce après 980 (p. 29) est sans doute préoccupé d'établir que son abbé ne doit service personnel qu'au roi. Ce service est c!û, au Xe siècle, par tout abbé d'un monastère resté royal. Aimoin parle d'un. miles envoyé par l'un de ses seigneurs près de l'abbé de Fleury, Abbon (998-1004), « ut sua vice jam dicto obsequeretur abbati ad regale palatium properanti » (Mir. s. Bened., HT, 10, éd. de Certain, 1.53).

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