‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 936 sur 1164 · FRAIS DU SÉJOUR AU PALAIS · texte numérisé non relu

FRAIS DU SÉJOUR AU PALAIS

les appartements disposés pour recevoir les visiteurs 1. Encore les hommes de Saint-Servais devaient-ils, sur l'ordre de leur abbé, Einhard, prendre soin de l'habitation où il descendait à Aix. Ils apporteront en temps voulu toutes les provisions dont il aura besoin pendant son séjour au palais2. Ainsi, l'abbaye dont cet abbé laïque jouit à Maestricht, doit subvenir aux frais du service qu'il remplit auprès du monarque. Quand le roi est lui-même en voyage, les prélats qui l'accompagnent n'ont pas droit à jouir de l'hospitalité qui lui est offerte. Loup de Ferrières a été trop heureux d'obtenir un gîte des moines de Saint-Germain pendant un séjour du roi à Auxerre, alors que tous les environs de la ville étaient occupés par l'escorte du monarque 3. A entendre les plaintes de ce familier de Charles le Chauve, c'est à la fois au prix de beaucoup de fatigues et de grandes dépenses qu'il demeure auprès du souverain 4. Au cas, écrit-il, où il serait appelé près de lui, il ne saurait, sans dépouiller l'autel ou réduire ses moines à une effroyable disette, trouver de quoi s'entretenir au service du roi pendant huit jours 5. L'abbé de Saint-Amand, Génulphus, aurait aliéné jusqu'à vingt domaines de son abbaye en raison des grandes dépenses que lui occasionnait le servitium auprès du roi Lothaire ou du comte de Flandre, Arnoul 6.

A la différence du comté, auquel est attachée une dotation, les charges profanes ou à demi ecclésiastiques qui s'exercent au palais paraissent être gratuites. Elles ne comportent pas

simples milites reçoivent vivres, vêtements, or, argent, chevaux, afin que leur zèle soit enflammé « ad regale obsequium » (27, loc. cit.) ; mais ceux qui détiennent des honores laïques ou ecclésiastiques ne reçoivent pas d'autre stipendiant.

1. Cap. de discipl. palatii, 2 : « per mansiones episcoporum et abbatum et comitum » (I, 298) ; Gesta Karoli, I, 30, SS, II, 745. Voir Waitz, III, 550.

2. Ep., 5, Lettre de l'abbé Einhart à un vicedominus (de Saint-Servais) : « volumus ut homines aliquos mittas ad Aquis, qui mansiones nostras emendent atque restaurent et ea quae nobis ibi necessaria sunt ad habendum, id est farinam, bracem , vinum, formatent et cetera secundum consuetudinem tempore oportuno il lue venire facias » (V, p. ni). Instruction est donnée u sujet des bœufs qu'il faudra tuer et de toute la dépense. L'abbé compte arriver au palais à la saint Martin.

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