Cf. plus haut, p. 438, n
6. Suivant le Catal. abb. s. Amandi,k l'abbé Lendricus, mort en 956, succéda Génulphus, « qui pro servi tio quod debebat régi aut comiti plus quam 20 villas aliaque multa maie distraxit » (SS, XIII, 387). Cf. Mabillon, Ami. Bened., XLIII, 71 et XLVII, 39, t. III, 404 et 557. Mabillon cite en outre un poète anonyme de basse époque : « Bisque decem villas... distrahit,... Ouippe diu Galli régis versatus in aula egerat impensas hic aliquando graves ». Le servitium était dû sans doute au comte de Flandre, Arnoul, qui agit en souverain à Saint-Amand ; mais le roi Lothaire s'empara de l'abbaye après sa mort et l'aurait vendue à Rathier, qui d'ailleurs n'exerça pas les fonctions d'abbé (plus haut, p. 146, etn. 4).
454 L'« HONOR » hc:lé£-i\3tique rémunère LE « SERVITIUM »
une dotation, ne constituent pas un bénéfice. Les prélats qui les exercent acquittent, comme ceux qui se rendent simplement au palais à la convocation du roi, un service qui leur est demandé à titre de fidèles. Le temporel de leur évêché, de leur abbaye appelle et rémunère le servitium du palais. Les fonctions qu'ils y remplissent les autorisent à espérer des restitutions, des privilèges en faveur de leur église, leur permettent d'obtenir une ou plusieurs abbayes. Les monastères abandonnés aux chanceliers, archichapelains, par exemple le cumul d'abbayes aux mains d'un Hilduin, sont la récompense des services rendus comme officiers du palais. Hincmar de Reims fait grief à son neveu d'avoir accepté, en même temps qu'une charge au palais, une abbaye dans une province éloignée. L'octroi de ce bénéfice reconnaissait sans doute le servitium de l'évêque ; il a perdu en effet Yabbatia en même temps que la fonction palatine1.
Les missions confiées à un prélat, comme à un fidèle laïque, ont été quelquefois expressément rémunérées ; mais c'est seulement au cas où elles prenaient un caractère permanent et lorsque le bénéfice dont le missus était pourvu ne lui permettait pas de s'entretenir là où on l'envoyait. Anskarius, chargé par l'empereur Louis d'évangéliser les peuples qui habitent au delà de l'Elbe, a été créé archevêque d'Hambourg ; mais comme ce siège fort exposé ne lui procure guère de ressources, la cella de Turholt fut, suivant l'expression des biographes, attachée à la mission de l'archevêque 2. En dehors de ce cas tout à fait exceptionnel, le service que les abbés et les évêques remplissent auprès du roi ou sur son ordre est purement gratuit.
Les frais qu'entraînent les déplacements du prélat sont d'autant plus considérables qu'il emmène toujours avec lui un certain nombre de ses hommes 3. L'insécurité croissante l'oblige à voyager sous bonne escorte. Hincmar de Laon, qui pour d'autres motifs se considérait comme menacé, se rend à un synode avec tous lès hommes de son église. Charles le
i. Hincmar, LV Cap., 2 : « cum eadem administratione palatii praelationem monasterii... obstinuisti » (Migne, CXXVI, 295-6).
2. Vita s. Ansk., 12 : « Et quia diocesis illa... omnimodis parva, quandam cellam in Gallia Turholt vocatam, ad eandem sedem perpetuo servituram, ejus legationi tradidit » (SS, II, 698) ; Vita s. Rimberti, 3 : ct'eidem legationi tradidit perpetuo servituram » (p. 766).
3. Hincmar de Laon, chargé d'un missaticum en Gothie, ne s'y est pas rendu seul. L'un de ses hommes, Raginard, est revenu « de régis servitio », sans sa permission (Migne, CXXIV, 1032). L'évêque a séjourné au palais d'Aix avec son fidèle Grivo (col. 1033). Il a convoqué ses hommes, voulant avec eux « considerare de servitio régis » (Missat., CXXVI, 495). Hincmar de Reims parle de son escorte (nostri, cf. plushaut, p. 452, n. 5).