PRÉLATS REQUIS D'ENVOYER LEURS HOMMES
■de Laon a coutume de monter la garde en prévision d'une attaque des païens. Seuls, dix ou douze des casait de l'église sont autorisés à former l'escorte de l'évêque, leur seigneur, se rendant au synode l- Cette fois, un ordre royal séparait expressément les évêques de leur milice ; le prélat se rendra à l'assemblée où l'appelle son souverain ; les hommes de l'église feront c impagne contre l'ennemi païen.
La convocation qui les touche n'obligeait cette fois leur évêque qu'à les tenir à la disposition du roi. La correspondance d'Hincmar de Reims marque aussi que l'archevêque, bien qu'il se déclare obligé de suivre avec ses hommes le roi en campagne, n'était nullement requis chaque fois de partir avec eux. Il n'accompagnait évidemment pas ses milites enrôlés pour le service du roi dont il expédiait la liste au comte Thierry. En 878, il écrivait à Louis le Bègue au sujet de ses hommes qu'il devait envoyer au roi équipés pour une campagne 2. Si Hincmar est réduit à s'enfuir de sa ville épiscopale à l'approche des Normands, en 882, c'est parce que les hommes de la potestas de Y episcopium de Reims se trouvaient avec le roi Carloman 3. A la vérité, il était certainement cette fois 4 et peut-être déjà dans les occasions précédentes hors d'état de supporter les fatigues d'une campagne et légitimement dispensé par la maladie ; mais sa présence a pu aussi n'être pas réclamée ; à cet archevêque, comme à l'évêque de Laon, le roi aura seulement demandé qu'il mette ses hommes en campagne. L'exigence royale se borne aussi parfois, au Xe siècle, à l'envoi de simples contingents de lapart d'un certain nombre de prélats, tandis que d'autres sont tenus de partir avec leurs hommes 5.
1. Conc. Duziac, Acta syn., 4 : « eum, sicut et ceteros episcopos qui ad synodum convocati fuerant, cum paucis hominibus venire jusseram ut alii eorum homines parati essent ad patriae defensionem, contra Nurtmannos ; et Hincmarus cum omni plenitudine suorum hominum armata manu veniebat ad synodum. Direxi missos meos ad ipsos homines et manda vi eis ut parati essent, sicut et antea jusseram, quatinus, mox ut eis mandarem, ad locum ubi militia de ipso episcopio Laudunensi contra paganorum infestationem ad custodiam esse solebat, irent : et decem vel duodecim de ipsis casatis hominibus, praeter clericos et servientes, cum Hincmaro veniret ad synodum » (Mansi, XVI, 663).
2. Flodoard, Hist., III, 19 : « de hominibus suis ad regem cum hostili apparatu dirigendis » (p. 510).
3. Ann.Bertin.: «Hincmarus episcopus cujus homines de potestate Remensis episcopii cum Karlomanno erant... fuga lapsus » (p. 154).
4. On l'a transporté à Épernay en litière et « sicut infirmitas corporis ejus poscebat » (loc. cit.) ; sa santé était depuis longtemps ébranlée et il y mourut à la fin de la même année (cf. Schrors, Hinkmar, 470-471).
5. Quand, ençSi, Otton II convoque en Italie les contingents des évêques et abbés, il est dit des évêques de Strasbourg, Spire, de l'abbé de Wissembourg, etc., qu'ils enverront tant d'hommes (mittat) ; des abbés de Murbach, Lorsch, de l'évêque de Worms, etc., qu'ils emmèneront avec eux (secum ducat) tant d'hommes d'armes (Weiland, Constit. imp., I, 633).