‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 991 sur 1164 · REDEVANCES EN ARGENT · texte numérisé non relu

REDEVANCES EN ARGENT

payés régulièrement chaque année, en même temps que Y hostilitium 1. A Saint-Germain des Prés, les ministeriales perçoivent ces taxes et en retiennent une part pour leurs honoraires. Dans le Polytypque de l'abbé Irminon.le bref de chaque domaine indique la contribution de chaque tenancier, puis en finale la somme totale versée aux mains des religieux par leurs agents, dont parfois le Polytypque note aussi les émoluments 2.

La redevance militaire est souvent convertie en argent 3, ou bien elle est acquittée soit en têtes de bétail, soit en numéraire. Le total consigné à la fin des brefs par l'abbé Irminon comporte des compensations et conversions. Il est admis que

la 3e aimée, il paiera une petite brebis d'un au, et à la deuxième lois que cette alternance se produira, la brebis sera remplacée par un bélier valant 4 deniers (XXII, 4, p. 228). A Palaiseau, chaque manse paie un bœuf et l'année suivante un bélier (II, 2, p. 6). A la récapitulation, on trouve une triple alternance : pour l'ost 6 chars une année, la troisième année 108 porcs, « ad alterum (la seconde ?) annum » 108 brebis (p. 23). A Thiais, un tenancier acquitte ad hostem 4 sous d'argent, la 2e année 2 sous, propter carnatico, la 3e une brebis, propter herbaticum (XIV, 3, p. 151). Des tenanciers du fisc de Villeneuve paieront une année 3 sous d'argent (rachat de V hostilitium), la seconde 2 moutons pour le camaticum, la troisième 1 brebis, propter crb.ilicum (XV, 3, p. 165 ; 95, p. 178). De même à Verrières (V, 3, p. 38 ; 28, p. 41 ; 53, p. 44 ; 78, p. 47 ; 93, p. 49). La redevance de la 3e année, plus faible encore que le camaticum de la 2e, a donc un nom spécial, herbaticum. Guérard ne pensait pas que Vherbaticum fût un droit de guerre, attendu que d'autres redevances, purement privées, portent le même nom (Prolég.,678). Mais un herbaticum pouvait être dû ad hostem, et un autre herbaticum être ailleurs payé pour une autre raison. Il nous paraît, qu'au moins à Verrières et à Villeneuve.on comprendla contribution de guerre à la charge de la familia sous trois formes différentes : une année elle fournira des bêtes de somme (hostilitium) , une seconde année des bêtes de boucherie (camaticum) , la 3e année du fourrage (herbaticum), le tout pour l'armée ; ce qui n'empêche pas d'ailleurs de les acquitter toutes parfois en argent et de payer Vherbaticum en bétail. La différence est surtout dans le tarif qui est décroissant, attendu qu'on estime que la fourniture en viande doit être moins onéreuse que les charrois et la fourniture en fourrages moins coûteuse que celle des bêtes de boucherie.

1. Deux colons de Saint-Germain paient 2 sous d'hériban et un agneau pour eux deux de herbatico (XXV, 20, p. 274). Les hommes des domaines cédés au chapitre du Mans acquittent, en même temps que l'hostilense en argent, un camaticum, qui consiste en 55 béliers (Gesta Aldr., 162-3) et qui n'a peut-être pas une origine militaire.

2. Ainsi les hommes groupés dans le bref de Boissy « solvunt de hostilicio libras III, s. IX, d. IX... absque ministerialibus VI qui retinent post se s. XII et d. IX » (XIII, 99, p. 149). Les moines touchent 3 livres, 9 sous,. 9 deniers ; en outre, les

.ministeriales encaissent 12 sous, 9 deniers. Cf. Prolég., 434 et 668. Nous possédons semblablement le relevé du total des redevances dues pour l'ost par les hommes du chapitre du Mans au temps d'Aldric : « de hostilense argenti sol. CXLVIIII et denarios VII semis » (Gesta Aldrici, 162).

3. A Saint-Germain des Prés, (cf. plus, haut, p. 496, n. 1 et 3), Priim (33, p. i6r ; 46, p. 171 ; 55, p. 175, etc), Saint-Bertin (31, p. 104 ; 34, p. 106), la redevance est souvent payée en argent. Elle paraît être toujours acquittée en numéraire à Lobbes (Descript. vill., 251-8), àSaint-Pierre au mont Blandin (Liber trad., 4,5. éd. Fayen, 16 et 18). Quand Vhostilicium est perçu sur les terres de Saint-Remi de Reims, il est d'ordinaire de. 5 à 30 deniers ; dans un fisc seulement, il consiste en une brebis avec un agneau (XXI, 2, p. 79 ; cf. Introd., XVII).

Page 1