LE BÉNÉFICIER A DROIT A L'« HOSTILITIUM
chaque char équivaut à 4, 5 ou 6 bœufs x ; dans des fiscs où tous les tenanciers paient la redevance en argent, le total indique un nombre fixe de chars, de bœufs ou une somme d'argent 2. Peut-être les ministérielles, après avoir prélevé la taxe en numéraire, étaient-ils tenus de fournir à l'établissement religieux des chars, des bœufs ou de l'argent, suivant les besoins du moment. Parfois, le tarif de la même redevance se relève et s'abaisse une année sur deux 3. Comme aussi bien les droits militaires sont assimilés aux autres coutumes, c'est quelquefois entre les premiers et des droits d'autre origine que s'établit l'alternance *
Dans les domaines des églises cédés en bénéfice, la redevance militaire est naturellement acquittée au profit du bénéficier 5. ~L' hostilitium ne lui est pas dû seulement parce que cette redevance coutumière est incorporée aux autres droits payés par les tenanciers. Ils l'aident par là à remplir les conditions expresses qui lui sont imposées. Que le roi ait attribué abusivement à ses fidèles ce bien d'église, ou qu'il ait été spontanément octroyé par le prélat à ses propres milites, le bénéfice est, dans l'un comme l'autre cas, concédé « propter militiam». Aussi, la redevance ad Jwstem payée par la familia revient-elle de droit au bénéficier. Quand les fidèles royaux nantis d'un bien d'évêché sont astreints à remettre à l'évêque la double dîme des redevances que leur servent les tenanciers, exception
1. Cf. Prolé^., p. 674. À Palaiseau, ou signale seulement des bœufs à propos des taxes payées par les tenanciers (II, 2, p. 6). La récapitulation évalue le produit total à 6 chars (II, c, p. 23). Jouy rend 4 chars ou 20 bœufs ou 8 livres d'argent (I, 42, p.5),Celle-les-Bordes 1 char ou 6 bœufs ou 78 sous (III, 62, p. 52).
2. A Celle-les-Bordes, les tenanciers paient 2 sous la première année, 1 la seconde (III, 2, p. 23) ; à la récapitulation apparaissent chars, bœufs ou argent. De même à Thiais (XIV, 3, p. 151 et 35, p. 155, à comparer avec le total, 94, p. 164), à Villeneuve (XV, 3, p. 165 et 95, p. 178).
3. Les manses ingénuiles de Chavannes et de Leuse paient une année 3 bœufs 1 /2 et l'année suivante 4, ou 24 sous d'argent et l'année suivante 30 (Polypt. Irminonis, XXIII, 26, p. 243).
4. Sur les terres de Saint- Pierre-au-mont-Blandin, les hommes paient une année 2 sous ad vindemiam, l'année suivante 2 sous ad hostem ; la troisième le tenancier « securus est et camsilem faciat » (Lib. tradit., 4, p. 16 ; 5, p. 18). On voit par là que l' hostilitium est simple prétexte à mie redevance ; le produit n'est pas nécessairement affecté à la charge militaire ; la charge s'est simplement fixée pour les tenanciers. A Saint-Germain des Prés, elle est annuelle ; à Saint-Pierre- au-mont-Blandin, elle est trisannuelle.
5. Voir les fragments du Polypt. d'inniuon qui décrivent les bénéfices, I, i, 4, p. 278 ; II, 10, p. 281 ; 15, p. 282. Suivant une notice du 8 mai 851, l'avoué du chapitre de. Saint-Étienne de Limoges réclame pour la matricule des biens qu'un vassal de l'évêque tient en bénéfice, « exepto victurias et ortolinsc » (J. de Font- K ■'aulx, Cari. chap. Saint- Etienne, III, p. 18). Les charrois et la redevance de l'ost sont ici réservés, semble-t-il, au détenteur du bénéfice et exceptés du déguerpissement qu'on réclame de lui.